Les ados britanniques comptent contourner le couvre-feu des réseaux
Une écrasante majorité d'adolescents britanniques qui seront soumis à un projet de couvre-feu sur les réseaux sociaux ont l'intention de le contourner, selon une étude du cabinet de sondage Censuswide publiée vendredi.
Cette mesure, présentée mi-juillet par le précédent gouvernement travailliste de Keir Starmer, vient compléter l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans annoncée en juin, qui vise notamment Snapchat, TikTok, YouTube, Instagram ou Facebook.
Concrètement, le couvre-feu s'appliquerait via les paramètres par défaut des comptes des jeunes de 16 et 17 ans, les empêchant d'accéder à ces applications entre minuit et 06h00 du matin. Mais cette option est désactivable et 85% des 16-18 ans interrogés par le cabinet Censuswide ont indiqué qu'ils avaient l'intention de la rendre inactive.
Près d'un sondé sur deux (environ 48%) justifie ce contournement par la volonté de continuer à discuter avec ses proches et amis, tandis que 37% souhaitent pouvoir consulter du contenu en ligne.
Bilan australien mitigé
Ces résultats suggèrent qu'un couvre-feu «a peu de chance de suffire, à lui seul, à prévenir les risques en ligne», a réagi Leanne Proctor, responsable de la réglementation au sein de l'Online Responsibility Network, l'organisation commanditaire de l'étude.
A peine 2% des 1000 adolescents interrogés affirment ne pas consulter les réseaux sociaux ni regarder de vidéos courtes les soirs de semaine.
Le Royaume-Uni a annoncé en juin l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, une mesure qui doit entrer en vigueur début 2027.
L'Australie est devenue en décembre la première nation à adopter une telle interdiction pour les moins de 16 ans, un dispositif au bilan mitigé. L'Indonésie lui a emboîté le pas en mars, tandis que la France, le Canada et les Émirats arabes unis figurent parmi les pays ayant annoncé des restrictions similaires. (ats)
