Poutine fait brûler des livres et ça coûte cher
La politique de censure du maître du Kremlin, Vladimir Poutine, coûte cher à Chitay-Gorod – Bukvoed, la plus grande chaîne de librairies de Russie. Selon le média d'opposition Meduza, l'entreprise a dû détruire des livres d'une valeur d'environ 100 millions de roubles, soit plus d'un million de francs suisses.
Le directeur général du groupe, Alexandre Brytchkine, souligne un problème supplémentaire:
Chitay-Gorod – Bukvoed exploite près de 650 librairies en Russie. Déjà fragilisée par l'essor du commerce en ligne, l'entreprise doit désormais composer avec les mesures de censure de Poutine. Certains livres traitant de l'homosexualité se retrouvent ainsi sur liste noire, accusés de promouvoir un mode de vie trop occidental. Les ouvrages consacrés à la guerre en Ukraine sont également indésirables. Tous doivent être retirés des rayons et détruits, au terme d'une procédure contraignante. Alexandre Brytchkine précise à ce propos:
Ces dernières années, les autorités russes ont fait retirer à plusieurs reprises des livres de la circulation. En octobre 2026, l'autorité russe de surveillance des médias, Roskomnadzor, a notamment interdit le roman Le deux cent troisième jour de l'hiver, de l'écrivaine Olga Ptizeva.
Le livre raconte une sorte d'hiver éternel qui paralyse également la vie sociale. Il est largement interprété comme une allusion à l'immobilisme de l'ère Poutine. «Il est impossible de retourner les livres au fournisseur», explique Alexandre Brytchkine. Les ouvrages finissent donc dans les entrepôts. «On pourrait, en quelque sorte, considérer cela comme une forme de stockage à part», explique le directeur général. (pri/trad. hun)

