Poutine pousse la Finlande à ressortir une arme qu'elle avait bannie
La Finlande veut acheter un million de mines antipersonnel. Le colonel Riku Mikkonen, de l'état-major de l'armée finlandaise, l'a confirmé à l'agence de presse STT. Une enveloppe d'environ 100 millions d'euros (92 millions de francs suisses) est prévue pour cet achat. Le magazine des forces armées finlandaises, Ruotuväki, avait été le premier à révéler l'information.
Helsinki souhaite confier la fabrication de ces mines à des entreprises nationales. Selon Riku Mikkonen, environ six sociétés finlandaises pourraient assurer cette production. «Il serait judicieux, à bien des égards, que des entreprises finlandaises produisent ces mines en Finlande», a-t-il prévenu. Les contrats devraient être signés d'ici fin 2027 et la production devrait monter en puissance d'ici 2028. Un achat à l'étranger n'est toutefois «pas totalement exclu».
Le retrait de la convention sur les mines ouvre la voie
Une telle décision aurait été impensable il y a encore quelques années. En 2012, la Finlande avait adhéré à la Convention d'Ottawa, le traité international interdisant les mines antipersonnel. En avril 2025, Helsinki a annoncé son retrait. Depuis janvier 2026, le pays n'est plus lié par ses dispositions.
Pour justifier cette décision, le gouvernement a invoqué la forte dégradation de la situation sécuritaire. Le premier ministre Petteri Orpo a qualifié la Russie de «menace à long terme» pour la sécurité de la Finlande et de l'ensemble de l'Europe.
D'autres pays ont également quitté la Convention d'Ottawa
La Finlande n'est pas seule à avoir opéré ce revirement. L'Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne – tous situés en première ligne sur le flanc oriental de l'Otan et fervents soutiens de l'Ukraine – avaient déjà quitté la Convention d'Ottawa en 2025, en invoquant explicitement la menace russe.
La géographie permet de mesurer l'importance de cette décision. La Finlande partage avec la Russie une frontière terrestre d'environ 1340 kilomètres, l'une des plus longues sur le flanc extérieur de l'Otan. Depuis l'invasion de l'Ukraine par Moscou en 2022, Helsinki a considérablement augmenté ses dépenses militaires et a rejoint l'Alliance atlantique en 2023.
Récemment, la ministre finlandaise des Affaires étrangères, Elina Valtonen, a appelé l'Union européenne à cesser de délivrer des visas touristiques aux ressortissants russes tant que la guerre se poursuit. Elle a dénoncé le fait que les pays de l'espace Schengen aient accordé près d'un demi-million de ces visas à des citoyens russes en 2025. La Finlande, pour sa part, n'en délivre plus depuis 2022. (jse/trad. hun)

