Voici l'impact de la junk food sur la santé mentale des enfants
Les chips et autres snacks sont populaires, tout comme les cornflakes et les nuggets de poulet. Dans les pays occidentaux, environ la moitié des apports caloriques provient de ces aliments hautement transformés, désignés à l’échelle internationale sous le terme d’ultra-processed food (UPF).
Certains enfants apprécient ces produits industriels fortement transformés et riches en additifs. Pas tous, mais une grande partie de ces aliments est soupçonnée de favoriser le surpoids, le diabète et les maladies cardiovasculaires.
Mais ce n’est pas tout: une étude canadienne publiée sur la plateforme Jama Network s’est penchée sur les effets de ce type d’alimentation sur la santé mentale des jeunes enfants. Des travaux antérieurs menés au Royaume-Uni avaient déjà établi un lien entre la consommation de junk food chez des enfants de quatre ans et demi et une hyperactivité accrue à l’âge de sept ans.
S’appuyant sur ces résultats, l’étude canadienne montre que les enfants qui consomment davantage de boissons sucrées ou édulcorées artificiellement présentent plus fréquemment des problèmes émotionnels, comme l’anxiété ou le retrait social. Ils manifestent également davantage de troubles du comportement. Une consommation plus élevée de produits céréaliers et de pains industriels achetés en supermarché, ainsi que de plats préparés, est elle aussi associée à une augmentation des troubles psychiques.
L’étude souligne toutefois que tous les produits transformés n’ont pas les mêmes effets. Par exemple, les céréales de petit-déjeuner peu sucrées, le pain complet industriel, les yaourts ou encore les haricots en conserve ne sont pas nécessairement considérés comme malsains, malgré leur classification dans les UPF.
Plusieurs mécanismes susceptibles de favoriser des troubles
Les raisons pour lesquelles de nombreux aliments ultra-transformés sont associés à des troubles du comportement et à des problèmes émotionnels chez les enfants restent encore largement incertaines, selon les auteurs de l’étude. Plusieurs mécanismes pourraient toutefois fournir des pistes d’explication: ces aliments contiennent souvent des quantités élevées de sucre, de sel et de graisses saturées, susceptibles de favoriser des processus inflammatoires et des réactions de stress dans l’organisme.
Par ailleurs, les enfants qui consomment ces produits mangent moins d’aliments riches en nutriments, ce qui peut entraîner des carences en substances essentielles au développement du cerveau, telles que les acides gras oméga-3 ou la vitamine B12. D’autres facteurs possibles incluent les substances chimiques issues des emballages alimentaires ainsi que des modifications du microbiote intestinal.
Les auteurs de l’étude rappellent que, chez les adultes, des changements de régime alimentaire ont permis d’améliorer des symptômes dépressifs. Ils citent notamment un essai clinique mené auprès de jeunes hommes souffrant de dépression, chez lesquels un régime méditerranéen a entraîné des améliorations. Ces éléments plaident en faveur d’un lien causal entre la qualité de l’alimentation et la santé mentale. Chez les jeunes enfants, toutefois, ce lien doit encore être confirmé par des études expérimentales. (trad. hun)
