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Il y a un an, Israël était en tête dans la course à la vaccination. Aujourd’hui, le pays fait face à de nombreuses hospitalisations.
Il y a un an, Israël était en tête dans la course à la vaccination. Aujourd’hui, le pays fait face à de nombreuses hospitalisations.image: keystone

Ce que la Suisse peut apprendre de la situation en Israël

Israël, précurseur en matière de vaccination, enregistre un nombre record de décès et d’occupation des lits en soins intensifs. Quelle en est la raison? Et quelles leçons la Suisse peut-elle en tirer?
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09.02.2022, 05:51
Reto Fehr
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Israël a longtemps été un des pionniers de la vaccination dans cette pandémie. Aucun pays n'avait vacciné une aussi grande partie de sa population à la fin de l’été 2021. Les dégâts de la vague Delta ont, dans ce contexte, pu être minimisés grâce à la troisième dose.

Lorsque la vague Omicron a traversé le pays en janvier, Israël a lancé la quatrième vaccination pour les personnes âgées et le personnel médical. Malgré ces mesures, le pays a annoncé, dimanche, que 1263 personnes étaient gravement malades, dont 270 devaient être placées sous respiration artificielle. C’est le nombre le plus élevé jamais enregistré depuis janvier 2021. Que s'est-il passé?

La vague Omicron a atteint le sommet

Israël semble avoir atteint le pic de la vague Omicron il y a quelques jours déjà. Dimanche, 33 000 nouvelles infections ont été signalées, contre environ 85 000 il y a deux semaines. Le nombre de nouvelles infections dans ce pays de 9,217 millions d'habitants a donc perdu de son importance, comme on peut le constater dans de nombreux autres pays.

La valeur R indique également que la vague actuelle est en train de se résorber dans le pays. Par rapport à la Suisse, Israël a environ deux semaines d'avance. Sur le sol helvétique, le pic pourrait donc être atteint dans les prochains jours.

Forte augmentation des cas graves

En Israël, les complications n’ont pas disparu lorsque les taux d'infection maximum ont été atteints. Alors que les infections diminuent, en parallèle, les cas graves et les décès augmentent de manière significative. Certes, les hospitalisations se sont récemment stabilisées dans le pays, comme l'a écrit sur Twitter Eran Segal, expert du Covid au Weizmann Institute.

Alors qu'un pic pourrait être atteint au niveau des hospitalisations, les cas aux soins intensifs continuent d'augmenter. Dimanche, 1263 personnes gravement malades ont marqué un nouveau record de la pandémie et la courbe ne semble pas faiblir pour le moment 👇.

Vulnérabilité non protégée

Comment cela est-il possible? Et qui est concerné par ces hospitalisations? Un coup d'œil sur la démographie par classe d'âge montre qu'une fois de plus, ce sont les personnes vulnérables qui sont les plus touchées. Environ 84% des personnes hospitalisées en Israël ont plus de 60 ans. La plupart d'entre elles ne disposent plus d'une protection vaccinale complète. En Israël, les personnes vaccinées deux fois sans rappel sont considérées comme «vaccinées sans validité».

Il s'avère que les personnes non vaccinées, toutes classes d’âges confondues, doivent être hospitalisées nettement plus souvent pour des cas graves que les personnes entièrement vaccinées.

Les décès sont également en forte augmentation

En plus de l’augmentation du nombre de patients atteints de formes graves de la maladie, le nombre de décès en Israël est également en forte augmentation:

Ici aussi, un coup d'œil sur le statut vaccinal des personnes décédées démontre, une fois de plus, que le vaccin protège: chez les plus de 60 ans, plus de 20 personnes décédées sur 100 000 habitants n'étaient pas vaccinées. Le nombre de décès est resté faible pour les personnes entièrement vaccinées.

Le professeur Hagai Levine, président de l'Association israélienne des médecins de santé publique, a déclaré au journal Haaretz sur la base de ces données:

«Le vaccin reste efficace contre les formes graves et les décès. Il n'est pas efficace à 100% et il protège peu contre les infections dues au variant Omicron.»

Même son de cloche pour Barak Raveh, professeur assistant de modélisation biologique à l'Université hébraïque de Jérusalem:

«La vaccination continue de protéger à environ 90%. Mais je pense aussi que l'effet des rappels de vaccination d'août dernier a diminué.»

Israël a déjà boosté une grande partie de sa population en août et septembre dernier. La quatrième dose est autorisée pour les personnes âgées depuis janvier. Mais l'offre n'a été utilisée que par environ 50% des ayants droit jusqu'à présent.

Cette «lassitude» du vaccin n’est pas due au hasard. En décembre déjà, on se demandait, en Israël, pourquoi de nombreuses personnes – en particulier les plus jeunes – ne se faisaient pas administrer le vaccin de rappel ou hésitaient à le faire. La quatrième dose est controversée. Des experts israéliens ont déclaré qu’elle augmentait certes la protection des formes graves, mais qu'elle ne protégeait pas suffisamment contre une infection face à Omicron. Elle est donc uniquement judicieuse pour les personnes à risque et les personnes âgées.

Pourquoi Israël assouplit les mesures malgré tout?

Malgré un nombre record de cas graves et de décès, Israël assouplit ses mesures. C'est possible, car la vague est en train de s'estomper. Depuis aujourd'hui, le «Green Pass» n'est plus nécessaire partout. Il est désormais possible d'entrer dans les restaurants, les cinémas, les centres de fitness ou les hôtels sans certificat et sans test Covid négatif.

En Israël, on peut à nouveau aller au restaurant sans pass sanitaire dès le lundi 7 février.
En Israël, on peut à nouveau aller au restaurant sans pass sanitaire dès le lundi 7 février.image: keystone

Le «Green Pass» reste nécessaire pour les grandes manifestations, les clubs ou autres événements en salle présentant un risque accru de transmission. Le ministre de la Santé, Nachman Ash, a expliqué cet assouplissement dans le journal Times of Israel par le manque d'utilité du «Green Pass»:

«Comme le variant Omicron infecte aussi les personnes vaccinées, le pass sanitaire a perdu de son efficacité. C'est pourquoi nous ne l'utilisons plus que dans les endroits où le risque de transmission est élevé. Cela fait partie de la stratégie post-Covid.»

Quelles leçons la Suisse peut-elle en tirer?

Que signifie la situation d'Israël pour la Suisse? Les chiffres et les données montrent, une fois de plus, que la vaccination protège précisément les personnes âgées et vulnérables contre les évolutions graves de la maladie et les décès. Le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach, l'a résumé:

«Les nouvelles données en provenance d'Israël montrent un taux de mortalité avec Omicron élevé, dû au fait que de nombreuses personnes âgées ne sont pas vaccinées. Jusqu'à présent, nous avons pu éviter de tels taux de mortalité en Allemagne, car les personnes âgées non vaccinées étaient protégées par les mesures.»
source: twitter

Mais pour le professeur assistant Barak Raveh, le fait que les chiffres aient encore fortement augmenté dans les services de soins intensifs israéliens peut s'expliquer autrement, comme il l'a déclaré au Telegraph:

«Je pense qu'Israël a réagi de manière un peu trop détendue à la forte augmentation des cas d'Omicron, car nous avons supposé qu'il s'agissait d'un variant moins grave.»

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