Emprisonné 581 jours par Poutine, ce Romand raconte
Soupçonné d’espionnage par les autorités russes, le chercheur lausannois Laurent Vinatier, qui travaillait pour une ONG genevoise au moment de son arrestation, a raconté son incarcération. Dans un entretien accordé à RTL, le Français décrit une détention longue et éprouvante, marquée par l’isolement et la pression psychologique.
Agé de 49 ans, il a été détenu dans plusieurs prisons russes depuis son arrestation en juin 2024, dont la prison de Lefortovo, près de Moscou. Au total, il aura été privé de sa liberté durant 581 jours avant d'être gracié, comme le rapporte RTL, par Vladimir Poutine à l'occasion du Noël orthodoxe, le 7 janvier.
Isolement et pression psychologique
A Lefortovo, ancien centre de détention du KGB où sont encore aujourd'hui détenus de nombreux opposants politiques, il décrit un isolement quasi total et une forte pression psychologique exercée par l’administration pénitentiaire. Au micro de la RTL, il explique:
Enfermé 23 heures sur 24, il se souvient avoir dû instaurer une discipline quotidienne extrêmement rigoureuse afin de supporter l’enfermement et éviter l’effondrement moral.
Dans cette optique, il raconte avoir dû mettre en place une organisation quotidienne à la minute près:
Un second lieu de détention
Le chercheur évoque également des conditions «inimaginables» après son transfert dans la prison de Toula, située à environ 150 kilomètres de Moscou.
Spécialiste de l’espace post-soviétique, il travaillait au moment de son arrestation pour une organisation non gouvernementale suisse engagée dans la médiation de conflits internationaux, en particulier celui de l'Ukraine.
Arrêté en juin 2024, il a été condamné à trois ans de prison pour ne pas s’être déclaré comme «agent de l’étranger», une obligation administrative dont il affirmait ignorer l’existence. (ysc)
