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Ukraine: Pourquoi Ignazio Cassis s'est rendu à Kiev

Ukraine: pourquoi Ignazio Cassis s'est rendu à Kiev
A l’occasion de ce déplacement, le président de la Confédération a visité des banlieues de Kiev, rongées par les stigmates de la guerre. Source: Twitter

Pourquoi Ignazio Cassis s'est-il rendu en Ukraine?

Ignazio Cassis a rencontré Volodymyr Zelensky jeudi à Kiev lors d'une visite surprise. La Suisse soutient l'Ukraine dans les domaines de la sécurité alimentaire, la santé, la protection des victimes et de leurs droits.
20.10.2022, 22:3921.10.2022, 11:44
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Ignazio Cassis a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de sa visite surprise en Ukraine jeudi. A la tête d'une délégation, le président de la Confédération a notamment évoqué la reconstruction de l'Ukraine et l'aide suisse aux civils.

«Nous nous sommes entretenus des besoins humanitaires et de l'assistance suisse en faveur de l'Ukraine dans un cadre bilatéral et multilatéral»
Ignazio Cassis via Twitter

Il a aussi été question des conditions prévalant dans le pays, notamment des attaques aériennes russes sur des quartiers d’habitation ukrainiens, de la situation actuelle sur le front et des difficultés liées à l’approche de l’hiver, précise le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans un communiqué.

Dans un tweet posté jeudi, le chef du DFAE notamment accueilli en gare de Kiev par l'ambassadeur suisse Claude Wild, le vice-ministre ukrainien des Affaires étrangères Yevhen Perebyinis, s'est déclaré choqué par la guerre d'agression menée contre les infrastructures civiles. Il s'est également montré touché par la capacité de résistance de l'Ukraine et de ses citoyens.

L'aide humanitaire et le soutien à la reconstruction sont nécessaires pour faire face à l'hiver et à la période qui suivra, a-t-il ajouté. A l’occasion de ce déplacement, le président de la Confédération a également visité des banlieues de Kiev, où les stigmates de la guerre, mais aussi les marques d’une reconstruction efficace, sont bien visibles, précise le DFAE.

Dispositif de sécurité

Selon le Tages-Anzeiger, le président de la Confédération devait faire un aller-retour et ne pas passer la nuit sur place. Il devait ensuite se rendre en Moldavie où il s’entretiendra, à Chișinău, avec la présidente Maia Sandu des conséquences de la guerre pour son pays et en particulier de la situation humanitaire.

«Pour des raisons de sécurité», le DFAE n'a pas donné de détail sur le programme de la journée. Mais un dispositif a été mis en place. Ignazio Cassis se rend en Ukraine avec une protection personnelle de la Suisse, a confirmé l'Office fédéral de la police (Fedpol) à la radio alémanique SRF: «Fedpol accompagne cette délégation en complément des mesures que le pays hôte, l'Ukraine, doit prendre du point de vue du droit international», a déclaré le porte-parole de l'office Christoph Gnägi.

Parlementaires aussi du voyage

Ignazio Cassis était accompagné par la conseillère nationale Marianne Binder (Centre/AG) et le conseiller aux Etats Mathias Zopfi (Verts/GL). Patricia Danzi, cheffe de la Direction du développement et de la coopération (DDC), et Dominique Paravicini, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux, étaient aussi du voyage.

Le Tessinois a saisi l'occasion de cette visite pour signer un Protocole d’accord concernant la coopération dans le domaine de la transformation numérique, portant sur quinze millions de francs. Il a aussi signé deux déclarations d’intention portant sur la coopération dans les domaines des personnes disparues et de la criminalistique, note encore le DFAE.

Cette visite intervient au lendemain de l'annonce du renoncement du président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui a annulé au dernier moment une visite à Kiev «pour des raisons de sécurité» après la recrudescence des bombardements.

Réunion prévue à Berlin

La mise en œuvre des Principes de Lugano a été au cœur des discussions, d'après le DFAE. Celui-ci rappelle que la Suisse a accueilli le 5 juillet dernier à Lugano une conférence sur l'Ukraine, à laquelle avaient été conviés les représentants d'environ 40 Etats et d'une quinzaine d'organisations internationales.

La prochaine étape est une réunion d’experts internationaux la semaine prochaine à Berlin (25 octobre), sous la houlette de la présidence allemande du G7 et de la Commission européenne, à laquelle participera Ignazio Cassis.

«Avec tous les soutiens de l'Ukraine dans le monde, nous réfléchirons aux moyens de surmonter la tâche herculéenne de la reconstruction de l'Ukraine»
Le chancelier allemand Olaf Scholz

Action de la Suisse

La Suisse soutient l'Ukraine, depuis des années déjà, dans ses efforts de réforme et, actuellement, elle œuvre activement sur place afin de mettre ses projets de coopération et son expertise au service de la reconstruction.

Elle se concentre actuellement sur la sécurité alimentaire, la protection des victimes et de leurs droits, la santé ainsi que l'approvisionnement en eau et l'élimination des eaux usées, détaille le DFAE.

La Suisse fournit par exemple de l'expertise et du matériel à des communes rurales ukrainiennes dans les régions de Sumy et de Chernihiv pour la remise en état et la modernisation des installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement détruites.

Depuis le début de la guerre, la Direction du développement et de la coopération (DDC) a transporté plus de 680 tonnes de matériel de secours de Suisse en Ukraine et acheté dans ce pays plus de 4750 tonnes de denrées alimentaires pour aider la population.

Une nouvelle livraison de matériel de secours suisse, destiné à la lutte contre les incendies et au déblaiement des décombres, est en cours. L’acheminement se fait de manière échelonnée, par voie terrestre.

Réfugiés

Après le lancement de l'attaque russe contre l'Ukraine le 24 février dernier, Ignazio Cassis s'était rendu en mars en Pologne et en Moldavie pour y discuter de l'accueil des réfugiés ukrainiens et de l'aide humanitaire pour Kiev et les pays voisins.

La Suisse est très engagée dans l'accueil de réfugiés ukrainiens, dont 2877 ont encore obtenu le statut de protection S pour le seul mois de septembre. Cela porte à 60 000 le total de ces réfugiés mis au bénéfice de ce droit depuis le début de l'année.

La neutralité à l'épreuve de la guerre

Ignazio Cassis et la Suisse doivent jongler entre la volonté de préserver le principe de neutralité suisse et celle d'être solidaires avec le continent européen et l'Occident, qui ont adopté de lourdes sanctions contre la Russie après son invasion de l'Ukraine. Berne a choisi de s'aligner sur les sanctions européennes.

La Suisse a estimé que «faire le jeu de l'agresseur n'était pas compatible avec la neutralité suisse». Cela a valu à la Suisse notamment les critiques de Moscou.

Solidaire dès le début avec la population ukrainienne, notamment par son engagement humanitaire, la Suisse a plusieurs fois jugé l'attaque russe «inacceptable, du point de vue du droit international, politique et moral.» Tout en étant prête à jouer un rôle de «pont» entre les parties en conflit.

(jod/ats)

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