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La femme du président Volodymyr Zelensky, Olena Zelenska, a accordé une interview exclusive à LCI.
La femme du président Volodymyr Zelensky, Olena Zelenska, a accordé une interview exclusive à LCI.image: lci

«Une guerre terroriste»: Olena Zelenska s'est confiée à Darius Rochebin

La première dame d'Ukraine, Olena Zelenska, était l'invitée exceptionnelle de Darius Rochebin mardi soir sur la chaîne française LCI. Vous l'avez manquée? Pas de problème, on vous fait le récap' en punchlines.
09.08.2022, 22:1311.08.2022, 11:57
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Comment supporte-t-elle ces six interminables mois de guerre?

«Merci pour cette question. Ce n'est pas facile pour nous. Les premiers qui ont baissé les bras, ce sont ceux qui ont pensé que cela se terminerait vite»

Et les autres?

«Ceux qui ont tenu, ce sont ceux qui ont gardé l'espoir»

Du coup, comment fait-elle?

«Avec mon mari, nous restons concentrés sur ce qu'il y a à faire et nous économisons nos forces»

Pourquoi?

«Nous savons que chaque jour nous rapproche de la victoire»

Comment fait-on pour supporter?

«Nous le supportons, comme tous les Ukrainiens»

Et pour bien dormir?

«Lorsque le signal d'alarme peut nous réveiller à tout moment de la nuit, on ne parle pas d'un "bon sommeil"»

Bref...

«Nous nous préparons au pire, nous espérons le meilleur»

Le temps qui passe profite-t-il à la Russie ou à l'Ukraine?

«C'est une question très compliquée. Nous avons affaire à un ennemi plus grand, plus puissant. La Russie pensait nous vaincre en quelques jours, mais nous avons tenu»

Comme la Russie, d'ailleurs?

«La Russie ne compte pas ses morts, ni ses pertes. Contrairement à eux, nous comptons nos morts»

Quelle est la stratégie de l'Ukraine?

«Si les Russes ne comprennent pas ce qu'est la guerre, nous aurons besoin de sanctions plus rapides de la part de nos alliés, pour affaiblir notre ennemi»

La capacité de la Russie est-elle à prendre en compte?

«Ses capacités sont illimitées. Nous n'avons plus qu'à espérer qu'ils n'auront bientôt plus de moyens financiers pour continuer la guerre»

Olena résume le conflit:

«C'est une guerre terroriste et inhumaine»

Peut-elle comprendre la lassitude de ses alliés par peur de la crise?

«Nous n'avons plus rien à craindre, le pire est déjà arrivé. A la place des Occidentaux, j'aurais peur pour moi-même»

D'ailleurs, elle avertit d'un piège:

«L'oubli de la guerre, c'est une indulgence sur laquelle compte la Russie»

Une autre mise en garde:

«Lorsque les pays mettent au premier plan les questions de chauffage, en se disant ''On aura moins chaud cet hiver'', la Russie atteindra son but»

Et aux Européens qui pensent à leur chauffage...

«J'aimerais rappeler aux téléspectateurs qui nous regardent en Europe que les Ukrainiens ne savent pas du tout comment ils se chaufferont cet hiver. Nos bâtiments n'ont même plus de fenêtres. Nous devons mettre sur la balance nos problèmes»

Que dit-elle aux pacifistes?

«On peut être pacifiste quand notre vie n'est pas en danger. Nous, nous ne pouvons pas le faire»

Ne faut-il pas faire des concessions pour la paix?

«Les gens qui disent ça ne se trouvent pas en Ukraine»

Son constat est clair:

«L'Ukraine a payé un lourd tribut. On ne peut pas dire "la paix à n'importe quel prix", c'est contre les valeurs humaines»

Il ne faut rien laisser passer:

«Céder maintenant, c'est accepter que le plus fort puisse gagner. Pardonner à celui qui a l'insolence de commencer la guerre, c'est accepter la loi du plus fort»

Olena a récemment passé un message aux sénateurs du Congrès américain. Comment ça s'est passé?

«Je leur ai parlé non pas comme première dame, mais comme une mère, une épouse»

Ses réclamations?

«Je leur ai demandé de m'aider à sauver des vies humaines, car 70% des missiles russes tombent sur les hôpitaux, les écoles»

Mais...

«Tout de suite après mon intervention, j'ai appris qu'un missile russe venait de tuer un adolescent. Des photos montraient son cadavre avec son père, qui le tenait encore par la main»

Olena est implacable:

«Les Russes tuent si vite qu'on a même pas le temps de raconter»

Du coup, elle compte sur ses alliés:

«La rapidité de réaction de l'Occident est très importante dans cette situation, j'espère que les réactions et l'aide seront plus rapides»

Pourquoi?

«Chaque retard entraîne des morts chaque jour en Ukraine»

Des pays européens comme l'Allemagne achètent encore du gaz russe, finançant de ce fait la guerre. Qu'en pense-t-elle?

«Merci pour cette question. Vous avez la réponse dans votre question: ces Etats contribuent à financer la guerre»

Qu'espère-t-elle?

«J'espère qu'ils vont cesser. Plus ils mesurent la température chez eux, plus cette guerre tuera de monde»

Une forme d'égoïsme, selon elle?

«Absolument»

En parlant d'alliés, quels sont ses liens avec Brigitte Macron?

«J'ai des relations très chaleureuses et personnelles avec elle. J'ai des souvenirs très forts: c'est la première dame avec qui j'ai fait connaissance en premier. C'était notre premier voyage à l'étranger avec Volodymir»

Bref, de vraies copines:

«Elle m'a toujours soutenue. Heureusement, notre soutien mutuel continue. Il est d'autant plus fort après l'invasion. Nous avons réussi à évacuer près de 50 enfants atteints de cancer vers la France. Elle les a accueillis personnellement»

Brigitte a fait du théâtre, Olena est scénariste. On peut dire que c'est le même destin?

«Je ne peux pas comparer, mais nous sommes très proches, par rapport à nos points de vue»

C'est-à-dire?

«Nous regardons la vie avec optimisme. Nous savons que malgré les épreuves, la vie a aussi des moments magnifiques. On essaie de voir le meilleur chez les gens. En cela, nous nous ressemblons»

Olena avait dit que la civilisation est une petite couche, mince et fragile. A quel moment cette réalité lui a-t-elle éclaté au visage?

«La première rupture, c'était le 24 février. Lorsque nous avons vu les premières victimes de la guerre barbare, qui ne laisse aucune chance à quoi que ce soit de civilisé»

Pense-t-elle avoir été la cible de tentatives d'assassinat de la part des Russes?

«Je ne peux pas répondre à cette question, c'est très politique. Je ne suis pas une femme politique. J'ignore ce que pense la Russie. Comprendre la logique de leurs actes est impossible»

Seule certitude:

«Ce que je sais, c'est que chaque Ukrainien est en danger»

Et son mari, la Russie a-t-elle tenté de le tuer?

«Je vous répondrai la même chose: la cible de la Russie, c'est chaque Ukrainien»

Son métier d'humoriste l'a-t-elle aidée? L'humour compte-t-il encore pour Olena?

«Les Ukrainiens n'ont pas arrêté de rire, même pendant la guerre»

C'est vrai, ça?

«Nous avons un dicton bien connu: je ris pour ne pas pleurer. Les Ukrainiens publient beaucoup de mèmes. Nous savons que le rire nous aide à tenir»

Un trait bien ukrainien:

«La combattivité, l'humour, ce sont des traits non seulement de Volodymyr, mais aussi de tous les Ukrainiens»

Un peu comme les soldats ukrainiens de l'île au Serpent qui ont envoyé les Russes se faire voir...

«C'est une histoire de résistance. Ils ont réagi comme n'importe quel Ukrainien aurait pu réagir. C'est la preuve de notre foi en la victoire»

Que représente pour elle la Russie, et Vladimir Poutine en particulier?

«Moi, j'appelle ça dans l'anti-humanisme. Du mépris pour la vie humaine et son prix»

Faudrait-il qualifier ça de fascisme?

«Faut-il inventer une nouvelle terminologie? Je laisse ça aux politologues, nous, nous avons autre chose à faire»

Que dirait Olena aux Russes?

«Heureusement, je ne suis pas présidente, j'ai le droit de ne pas faire de discours. D'autant que je suis sûre que personne n'entendra ce que j'ai à dire»

La Russie a-t-elle des complices à l'Ouest?

«Cela doit faire l'objet d'investigations journalistiques. Ils sauront mener l'enquête»

L'image d'un enfant à côté de la tombe de sa mère ou la mort récente de Lisa, cette petite fille trisomique... Qui sont les visages de la guerre?

«Malheureusement, il y a beaucoup d'images comme celles-ci. Ce ne serait pas éthique de faire une liste. Chaque histoire est douloureuse, choquante»

Olena ne veut pas faire de liste:

«Les visages de la guerre ne sont pas que ceux des victimes, mais aussi des soldats sur le front. Les hommes qui ont échangé leur carrière contre les tranchées»

Olena tient à faire des remerciements:

«Nous avons tant d'histoires inspirantes. Sur le front, il y a des peintres, des musiciens, des danseurs, des professeurs... Ces histoires nous aident à tenir»

Bref:

«On ne peut pas piocher une histoire en particulier. Cette guerre est un kaléidoscope horrible»

Craint-elle que l'UE relativise son soutien face aux zones d'ombre de l'Ukraine, comme la corruption?

«C'est encore une question politique! Tout accent politique de ma part serait malvenu... Je ne suis pas une fonctionnaire»

Mais:

«Je dirai simplement: nous pouvons trouver beaucoup d'excuses pour ne pas aider. C'en est une»

Craint-elle un engrenage nucléaire?

«Nous sommes sous le choc et surpris du manque de réaction du monde. La réaction est faible face au risque nucléaire. Les terroristes se trouvent actuellement sur la station de Zaporijia»

Quels sont les risques?

«Si le pire survient, tout dépendra de la direction du vent: une pluie radioactive pourrait tomber sur Paris»

La rentrée est imminente. Comment vivre ça en Ukraine?

«C'est la différence entre nous. Actuellement, les Français et les autres se préparent pour la rentrée. Alors que cette stabilité, les Ukrainiens, enfants et parents, en sont privés»

Petite piqûre de rappel:

«J'aimerais que les Français soient conscients de ça, et qu'ils sachent que nous avons besoin d'aide»

Au sujet de famille, peut-elle parler tous les jours par téléphone à son mari?

«Par téléphone, oui»

Et avec ses enfants?

«Je vis avec mes enfants. Et je peux voir mon mari au moins une fois par semaine. Eux, le voient beaucoup moins»

Et pour tout savoir sur la femme de Volodymyr Zelensky...

Malgré ses promesses, la Russie bombarde encore le sud de l'Ukraine

Video: watson
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