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Union Européenne

Ils violentent une journaliste et des diplomates en Cisjordanie

Journaliste et diplomates européens attaqués: les alliés d'Israël haussent le ton

Une journaliste grièvement blessée, une délégation européenne agressée: les nouvelles violences de colons israéliens en Cisjordanie suscitent l'indignation. Même les plus proches alliés d'Israël réclament des mesures.
19.10.2026, 09:2319.10.2026, 11:36
Piere Heumann, Tel Aviv / ch media

Elle était à terre, mais ses agresseurs continuaient de la frapper à coups de pied. «Encore et encore», raconte Heidi Levine. La photojournaliste du Washington Post a couvert de nombreuses zones de guerre. Aujourd'hui, elle est hospitalisée: elle souffre de fractures à une côte et à plusieurs vertèbres. Sa main était si gravement blessée qu'elle a dû être opérée. Au téléphone, Heidi Levine se dit épuisée, mais déterminée à retourner documenter la situation en Cisjordanie dès qu'elle le pourra.

Vendredi, la journaliste voulait réaliser un reportage sur la récolte des olives près du village palestinien d'Abu Falah. Des colons israéliens l'ont alors attaquée. Selon son récit, ils ont continué à lui donner des coups de pied alors qu'elle était déjà au sol, avant de lui voler ses appareils photo, ses papiers d'identité et ses bijoux. Des soldats israéliens auraient assisté à la scène sans intervenir. Elle affirme n'avoir reçu de l'aide que de collègues palestiniens.

Le lendemain, des diplomates européens et des représentants religieux ont à leur tour été pris pour cible. Des colons masqués ont attaqué leur délégation près de Taybeh. Bernard Baudoux, maire d'Aulnoye-Aymeries, ville du nord de la France jumelée avec Taybeh, raconte avoir reçu des coups de poing et de pied. Il affirme avoir été jeté à terre.

Le premier ministre Benjamin Netanyahou a d'abord mis en doute les éléments de preuve. A propos de l'attaque présumée contre la délégation, ses services ont déclaré que des accusations aussi graves exigeaient des preuves convaincantes. Ils ont également mis en garde contre une «campagne coordonnée visant à dénigrer Israël et les habitants juifs de Judée-Samarie», nom biblique donné à la Cisjordanie. Selon eux, les violences contre des diplomates sont inacceptables, mais des accusations non prouvées ne doivent pas servir à condamner collectivement les colons.

Des soldats israéliens et des secouristes palestiniens entourent un agriculteur blessé après une attaque de colons en Cisjordanie.
Des soldats israéliens et des secouristes palestiniens entourent un agriculteur blessé après une attaque de colons en Cisjordanie.Image: Atef Safadi

Ces agressions ne sont pas des cas isolés. Depuis le 27 septembre, des colons ont participé à au moins 170 attaques contre des Palestiniens, selon l'organisation de défense des droits humains Yesh Din. Le journaliste Bar Shem-Ur accuse le gouvernement de tolérer les violences des colons. Quant à l'ancien chef d'état-major des armées d'Israël, Gadi Eisenkot, il dénonce un «terrorisme juif sous la protection du gouvernement».

Les Etats-Unis exigent une répression ferme

Désormais, même de fervents partisans des colons condamnent ces violences. L'ambassadeur américain Mike Huckabee qualifie l'agression contre Heidi Levine d'«acte terroriste abject», commis par des «lâches masqués». Il réclame des arrestations et des poursuites judiciaires «avec toute la rigueur de la loi».

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio demande lui aussi une intervention ferme. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, entend faire pression pour que des sanctions soient prises contre les responsables et leurs soutiens:

«L'impunité des colons violents doit cesser»

Dimanche à la mi-journée, aucune arrestation n'avait été signalée à la suite des deux attaques.

Le président israélien Isaac Herzog a appelé Heidi Levine pour lui présenter ses excuses. D'anciens hauts responsables de l'armée et des services de renseignement se sont déclarés «profondément honteux» des violences commises par des extrémistes juifs.

Certains colons manifestent toutefois de la compassion envers les victimes. A Neve Daniel, des habitants ont ainsi récolté l'équivalent de près de 1500 francs pour un agriculteur palestinien dont les olives avaient été volées. Mais ces violences divisent le mouvement des colons. Si certains justifient les agressions, d'autres les condamnent ouvertement. Le désaccord touche jusqu'aux rangs des rabbins du courant national-religieux. Six rabbins ont qualifié de vol le fait de récolter les olives dans les plantations palestiniennes. L'influent rabbin Dov Lior a, au contraire, jugé cette pratique admissible, au nom de l'accomplissement du «commandement de conquérir la terre».

Une Palestinienne ramasse des olives au sol après une attaque israélienne.
Une Palestinienne ramasse des olives au sol après une attaque israélienne.Image: Leo Correa

De leur côté, les principaux représentants des colons tiennent les militants pour responsables de l'escalade. Selon Israel Gantz, président du Conseil Yesha, qui fédère les organisations de colons, des fauteurs de troubles de gauche et étrangers profiteraient de la récolte des olives pour provoquer des affrontements à proximité des colonies. Des organisations critiques envers Israël diffuseraient ensuite des images compromettantes. Les informations disponibles ne présentent toutefois aucune preuve indépendante étayant cette prétendue stratégie de provocation.

Les experts mettent en garde contre de lourdes conséquences

Les représentants des colons contestent également le récit de la photographe Heidi Levine. Selon leur version, des Palestiniens auraient attaqué des Israéliens à coups de pierres et de feux d'artifice, auxquels ces derniers auraient riposté par des jets de pierres. Heidi Levine qualifie de «mensonge et d'insulte» l'affirmation selon laquelle ses agresseurs auraient voulu lui venir en aide.

Ces violences et les discours qui les justifient ont des conséquences qui dépassent largement les agressions elles-mêmes. Pour le spécialiste des religions Tomer Persico, il en va de bien davantage que de l'image d'Israël. Les revendications d'annexion et les violences sapent, selon lui, les arguments qui servaient jusqu'ici à justifier l'occupation: son caractère temporaire et sa nécessité pour garantir la sécurité. Tomer Persico s'attend à une pression croissante en faveur de sanctions. Il prévient que ceux qui veulent conserver la Cisjordanie à tout prix mettent en jeu l'avenir de l'Etat d'Israël tout entier. (trad. hun)

Après un sujet compliqué, voici des chats moches...
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Après un sujet compliqué, voici des chats moches...
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On a mangé des spaghettis champions du monde
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