Ce culte dangereux continue de sévir à Hollywood
Clavicules et épaules saillantes, poignets noueux, visages anguleux, chevilles transparentes. De nombreuses célébrités ont été pointées du doigt ces derniers temps pour leur silhouette considérablement amaigrie.
C'est notamment le cas d'Emma Stone, la semaine passée, au moment de fouler le tapis rouge des BAFTA. En lice pour le prix de la meilleure actrice pour sa performance dans le film Bugonia, l'actrice de 37 ans arborait une robe moulante Vuitton qui a suscité l'admiration des uns... et l'inquiétude des autres.
«Mon Dieu, qu'est-il arrivé à Emma Stone? Elle est tellement maigre maintenant. Pourquoi tout le monde perd autant de poids?!», s'indignait un internaute sur X, bientôt suivi d'une myriade d'utilisateurs. D'autres, au contraire, se sont empressés de voler à la rescousse de la comédienne, arguant qu'il s'agit de «son corps depuis des années».
En effet, dans ce cas précis, Emma Stone s'est régulièrement agacée des commentaires sur son poids. En 2014 déjà, l'actrice oscarisée dénonçait que: «Il peut être très difficile, dans le monde d'aujourd'hui, pour quiconque, et surtout pour les filles et les femmes, de se sentir bien dans son corps».
Reste que la «pression d'être mince» et le culte de la maigreur est une réalité tangible à Hollywood. Et de plus en plus visible. Les BRIT et les SAG Awards, qui se tenaient ce samedi et ce dimanche, en ont été une démonstration criante.
D'une Demi Moore plus maigre que jamais, à des personnalités comme l'actrice Mindy Kaling et la chanteuse Kelly Osbourne. Leurs transformations spectaculaires ont fait l'objet d'articles kilométriques dans la presse tabloïd et donné matière aux commentaires consternés, discussions angoissées ainsi qu'à moult diagnostics spéculatifs.
Une chose est sûre: l'engouement pour les médicaments amaigrissants de type GLP-1 a définitivement sonné le glas de l'ère du «body positivisme» et entériné le culte de la maigreur. Dans une sorte de retour aux années 2000 et à certaines de ses habitudes rétrogrades dans les médias people, chacun se sent désormais plus à l'aise pour commenter ou critiquer ouvertement l'apparence des personnalités publiques.
«L'ère de l'acceptation de son corps semble bel et bien révolue, et les adolescents s'en rendent compte», constatait pour sa part la journaliste américaine Rikki Schlott, dans le New York Post, en décembre dernier.
«Alors que la minceur extrême revient à la mode à l'ère d'Ozempic, il incombe aux parents et à la société de lutter contre la résurgence de normes irréalistes et de troubles alimentaires avant que la situation ne devienne incontrôlable», concluait la journaliste. (mbr)
