Les exploits de la Nati cachent un malaise en Romandie
Toute la Suisse a vibré au rythme des exploits de la Nati durant le Mondial. Profitant des vacances scolaires ou des week-ends, de nombreux enfants ont veillé tard (ou se sont levés aux aurores) pour suivre les rencontres. Chez certains, ces matchs ont peut-être fait naître une vocation. Mais beaucoup de ces jeunes passionnés ne pourront pas chausser les crampons à leur tour, faute de place dans les clubs de leur région.
La crise touche toute la région francophone du pays, selon Le Matin Dimanche. À Genève, un club décrit des terrains et des vestiaires saturés toute la semaine. Aux SR Delémont, l’école de football ne peut accueillir que 60 jeunes. Les autres doivent chercher une place auprès des clubs des communes voisines, dont les capacités sont souvent déjà presque épuisées.
Dans les régions où la population augmente rapidement, la pression est encore plus forte. Des dizaines d’enfants restent parfois plusieurs mois sur liste d’attente, dans l’espoir de rejoindre un jour l’équipe de leur ville ou de leur village. À Genève, entre 2000 et 3000 jeunes seraient ainsi privés de club, estime Nicolas Wallin, de l’Association cantonale genevoise de football, cité par le journal dominical.
La construction de nouvelles installations apparaît indispensable, mais les projets progressent lentement, freinés par des procédures et des oppositions à répétition. Même la présence de hérissons peut suffire à retarder un chantier, regrette Nicolas Wallin.
À la pénurie de terrains s’ajoute celle des encadrants. Au FC Bulle, plus d’une cinquantaine d’entraîneurs doivent être recrutés chaque année, relève Le Matin Dimanche. Une tâche de plus en plus ardue, alors que le bénévolat s’essouffle et que les horaires d’entraînement sont souvent difficiles à concilier avec la vie professionnelle.
Sans nouveaux terrains ni relève parmi les bénévoles, les listes d’attente continueront de s’allonger. Le paradoxe est cruel: jamais le football n’a suscité autant d’enthousiasme chez les jeunes, mais les clubs disposent de moins en moins de moyens pour les accueillir.
