«Vendre son âme au diable»: le business de ce champion du monde fâche
Le footballeur français Benjamin Mendy fait (à nouveau) parler de lui pour une raison extra-sportive. En cause: le 25 juillet, le champion du monde 2018 a vendu aux enchères la réplique du trophée remporté en Russie avec les Bleus. Montant de la transaction? 62 000 dollars, soit environ 50 000 francs suisses.
Désormais, on sait donc que chaque joueur qui gagne un Mondial repart avec une réplique de la coupe, et non pas seulement avec une médaille. Mais au-delà de cette anecdote, c'est le geste du latéral gauche (32 ans) qui fait débat. Le fond de celui-ci: peut-on moralement vendre un objet si fort symboliquement?
Mendy est visé par des critiques depuis la révélation de cette vente. Il a répondu à ses détracteurs ce week-end, sur son compte Snapchat:
A cet argument, il a ajouté un peu de provocation et d'ironie. «Et en plus, elle prenait trop de place dans le placard», a-t-il d'abord asséné. L'ex-joueur de Manchester City a ensuite publié une photo montrant plusieurs autres trophées, accompagnée de la légende:
Benjamin Mendy pourrait encore céder précisément dix autres trophées, dont quatre de champion d'Angleterre. Mais pas celui de Super League suisse. D'ailleurs, le passage du latéral au FC Zurich au printemps 2025 a été un flop (seulement sept matchs joués, zéro but). Comme son actuel club polonais du Pogon Szczecin ou le FC Lorient en 2023, le FCZ n'a été qu'une tentative de relancer une carrière brisée par une affaire hors du terrain.
Dès 2021, alors joueur de Manchester City, le Français a été accusé par sept femmes de viols, tentative de viol et agression sexuelle. Il a été totalement acquitté par la justice britannique en juillet 2023, mais sa mise à l'écart des Citizens et son séjour en prison ont été fatals pour sa carrière.
Sentimentalisme vs pragmatisme
Forcément, quelques internautes qui continuent d'ignorer ce jugement dézinguent Mendy pour cette affaire judiciaire dans leurs commentaires concernant sa vente de la réplique. Mais d'autres débattent avec de vrais et intéressants arguments. L'un d'eux déplore sur X le fait que Mendy place la valeur matérielle de ce trophée au-dessus de sa valeur symbolique et sentimentale:
C'est aussi l'avis de Pascal Dupraz, ex-entraîneur de Toulouse et Evian Thonon Gaillard, connu pour son franc-parler. Offusqué par la décision de Benjamin Mendy, il a été fidèle à sa réputation au micro de RMC:
Le Haut-Savoyard (63 ans) a développé:
D'autres, au contraire, saluent le choix pragmatique de Benjamin Mendy: pour eux, ce trophée n'est qu'un «bibelot», un «bout de métal», «alors autant récupérer l’argent, surtout s'il y en a besoin». Un soutien du champion du monde 2018 tranche sur X:
La vente de Benjamin Mendy rappelle celle de Boris Becker: en 2019, le tennisman allemand – vainqueur de six titres du Grand Chelem – avait cédé aux enchères plusieurs répliques de ses trophées de Wimbledon et de l'US Open, ainsi que des raquettes, entre autres. Il traversait alors de grandes difficultés financières, avec des dettes à rembourser.
