Sport
Cyclisme

Mark Cavendish, avant la retraite, un record en ligne de mire

Un selfie avant de tirer sa révérence, Mark Cavendish s'apprête à entamer un dernier baroud d'honneur pour arracher un record mythique.
Un selfie avant de tirer sa révérence, Mark Cavendish s'apprête à entamer un dernier baroud d'honneur pour arracher un record mythique.Keystone

Mark Cavendish, un dernier grand coup pour la route

Cassé de partout, le Britannique aux 34 victoires sur le Tour de France a annoncé que l'heure de la retraite avait sonné. Mais un ultime défi l'attend sur la Grande Boucle, celui de battre le record qu'il partage avec Eddy Merckx.
24.05.2023, 17:0025.05.2023, 07:05
Plus de «Sport»

Geraint Thomas, actuel maillot rose sur le Giro, l'a dit: «Mark Cavendish est le meilleur sprinter de tous les temps.» Un compliment pas usurpé pour un cycliste qui a cravaché au cours d'une longue et grande carrière: 161 victoires en World Tour, dont un titre de champion du monde en 2011.

Connu pour son attitude de sale gamin et ses efforts glorieux, le bolide de l'île de Man va poser définitivement le vélo au garage. Un dernier sprint pour un cycliste à l'appétit de victoires hors norme et qui aura survécu à pléthore de chutes. En 2018, en l'espace d'un mois, le Britannique fut plus souvent à terre que vainqueur. Une chute au Tour d'Abu Dhabi, une autre cabriole sur Tirreno Adriatico et une dernière, avec une côte (déjà) cassée, sur Milan-San Remo. L'addition était salée.

Depuis ses multiples mésaventures de 2018, la victoire se refusait à lui alors qu'il composait avec le virus d'Epstein-Barr. La réussite presque insolente des années précédentes paraissait bien lointaine. Cavendish n'avait plus la prétention de ses débuts, il était rentré dans le rang. Mais l'orgueil du champion lui a permis, trois ans plus tard, de renaître et de lever les bras comme les refrains d'autrefois.

Le comeback d'une légende que l'on croyait perdue: 2021 sera l'année de la renaissance, celle de quatre nouveaux triomphes sur le Tour (dix succès sur la saison). Il s'offre un bouquet à Carcassone et égale le record de victoires d'étapes sur le Tour de France. Le Britannique est désormais à la hauteur du «Cannibale», Eddy Merckx. 34, le chiffre mythique. Ce second souffle est encore plus beau, alors que le «missile de l'Ile de Man» songeait à raccrocher au sortir du Grand Prix de l’Escaut, le 14 octobre 2020. Les trémolos dans la voix, sinistre, il s'arrêtait au micro du média Sporza pour évoquer «la dernière course de sa carrière». Mais Cavendish s'est remis de ses gadins et retrouve à nouveau ses sensations de gagnant.

Un dernier sprint pour une dernière danse

C'est pour le compte de la formation Astana que Cavendish frotte encore dans les pelotons avant de ranger le cuissard dans l'armoire. Son ancien coéquipier Alexandre Vinokourov, manager de l'équipe kazakhe, lui a offert un billet pour une dernière danse.

Grosse cabriole pour le dur à cuire de l'Ile de Man.
Grosse cabriole pour le dur à cuire de l'Ile de Man. Keystone

Le mariage n'a pas encore porté ses fruits. En 2023, le «Cav» n'a toujours pas passé la ligne en vainqueur. Il s'est surtout mangé le bitume au Giro. Une belle gamelle qui n'a pas calmé le teigneux sprinter, qu'on qualifierait presque de boxeur à force d'encaisser les coups. A peine debout, il remonte sur le ring. L'ivresse de la victoire continue de couler dans ses veines et ses 4e et 3e places rassurent sur son punch légendaire.

Six occasions pour dépasser Merckx

Celui que l'on dit doté d'une mémoire photographique unique (et d'un QI de surdoué) semble préparer son grand objectif sur le Giro, celui de devenir l'unique détenteur du record d'étapes remportées. «The man of Man» a encore la tête et le carburant pour un ultime exploit.

Sauf accident, Cavendish sera sur la ligne de départ à Bilbao, motivé comme un junior, pour lancer la 110e édition du TDF. Sur le site du Tour de France, les étapes dites «plates» se chiffrent à six. Pour le sprinter d'Astana, il faudra rapidement enclencher puisque ses meilleures chances arriveront aux 3e, 4e, 7e, 11e étapes. Ensuite, il lui faudra passer la montagne pour jouer la gagne lors des étapes 19 et 21.

Les autres grosses cuisses en travers de son chemin

Une 35e victoire ne sera pas aisée sur le papier. Battu par Pascal Ackerman, Jonathan Milan ou encore Kaden Groves quand il s'est mêlé aux sprints massifs dans le Giro, Cavendish devra mettre une dent de plus pour passer l'épaule face aux sprinters de la Grande Boucle.

Les principaux spécialistes sont:

  • Jasper Philipsen (Alpecin-Deceuninck)
  • Sam Bennett (Bora-hansgrohe)
  • Arnaud Démare (Groupama-FDJ)
  • Biniam Girmay (Intermarché-Circus-Wanty)
  • Caleb Ewan (Lotto Dstny)
  • Wout Van Aert (Jumbo-Visma)
  • Dylan Groenewegen (Team Jayco AlUla)
  • Fabio Jakobsen (Soudal-Quick Step)
  • Mads Pedersen (Trek-Segafredo)

Ce panel de prétendants ne fera aucune fleur au vétéran Cavendish. Un 35e bouquet serait magnifique, historique, mais il sera assurément le plus dur à cueillir. Une dernière ligne droite pour la gloire, longue et tortueuse comme l'a été l'immense carrière du sprinter de l'île de Man.

Deux cyclistes renversés par des spectateurs imprudents
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
«La ligue suédoise est meilleure que la National League»
Dominik Egli a quitté l'an passé le HC Davos pour Frölunda dans le championnat suédois. Il revient pour watson sur son expérience en Scandinavie et nous parle des différences entre les deux ligues, tout en présentant ses objectifs pour l’avenir et le prochain Championnat du monde.

L’été dernier, Dominik Egli a franchi le pas vers la Suède, quittant Davos pour Frölunda, l’un des meilleurs clubs du pays, basé à Göteborg. Lors de son transfert, il avait expliqué vouloir sortir de sa zone de confort. Aujourd’hui, après sa première année en Scandinavie, le défenseur de 26 ans dresse un bilan positif: «Ce n’était pas un mauvais exercice. Je l'ai très bien débuté». Et même s'il a subi ensuite une blessure, qui lui a fait manquer sept matchs, le joueur estime que sa première saison à l'étranger est globalement réussie.

L’article