Terrible accident, champion bloqué: chaos à l'Alpe d'Huez
Environ 600 000 personnes étaient massées le long de la montée de 13,8 km de l'Alpe d'Huez. Un véritable stade à ciel ouvert. L'affluence était telle dans la mythique ascension, empruntée vendredi par les coureurs du Tour lors de l'étape entre Gap et la station iséroise, que la circulation avait été fermée plus de 24 heures avant le passage du peloton.
Comme à chaque ascension de l'Alpe d'Huez, l'ambiance était évidemment exceptionnelle au bord de la route, mais l'affluence a aussi eu des conséquences sur la course.
Remco Evenepoel, deuxième du général, a par exemple été bloqué par les motos de course, incapables, dans cette foule immense, de dépasser Thymen Arensman, que le Belge venait de rattraper au moment de son offensive.
«C'était prévisible que quelque chose se passe mal avec toute cette foule. C'est juste dommage que ça tombe sur moi», a regretté Evenepoel qui découvrait la montée de l'Alpe d'Huez en course.
Le coureur de Red Bull-BORA a toutefois eu de la chance en comparaison avec Einer Rubio, qui a percuté de plein fouet l'arrière d'une voiture UAE, contrainte de piler brusquement.
L'accident en vidéo ⬇️
Le système anti-collision du véhicule s'est déclenché après qu'un spectateur, déstabilisé par une première voiture, est tombé sur la route.
Rubio a été transporté à l'hôpital avec un traumatisme facial. Le visage en sang, il a reçu une vingtaine de points de suture et a logiquement abandonné la course.
Sous un autre angle ⬇️
«Je me demande s'il n'a pas explosé la vitre avec son visage. J'espère qu'il va bien. Ce n'était pas beau à voir», a déclaré le coureur norvégien Tobias Halland Johannessen, témoin de la scène. «Je l'ai vu sur le côté de la route, couvert de sang. Franchement, c'était vraiment à la limite», a également rapporté le directeur sportif de Decathlon CMA CGM, Luke Rowe.
Les organisateurs avaient installé des barrières dans les lacets réputés les plus chauds, comme le virage 7 des Hollandais, ainsi que des cordes, mais certains spectateurs, présents sur place depuis des jours, n'ont pas respecté ces limites. Tadej Pogacar a ainsi été touché par le public lorsqu'il a tenté de se frayer un chemin dans la foule compacte.
«Tant qu'ils encouragent les coureurs et créent une bonne ambiance, ça va. Mais quand ils commencent à rentrer les rétroviseurs à coups de poing et à taper sur les vitres, on atteint les limites», a déclaré Klaas Lodewyck qui a fait la montée en voiture en tant que directeur sportif de Remco Evenepoel chez Red Bull-Bora.
De son côté, la star montante Paul Seixas a avoué souffrir d'acouphènes à l'arrivée, conséquence du bruit assourdissant dans les 21 virages de la montée. «Mon oreille droite siffle encore. Heureusement que je portais une oreillette à gauche», a-t-il déclaré.
Ce final mouvementé interroge désormais sur les mesures à prendre concernant cette ascension mythique, où se regroupent des fans venus du monde entier. Faudra-t-il réglementer le nombre de personnes à l'avenir? Ou limiter la consommation d'alcool? Selon le champion de France Romain Grégoire, certains spectateurs «étaient tellement bourrés que c'étaient plus des claques sur le cul que des poussettes» qu'il recevait au fil des kilomètres.
(roc avec afp)
