Toute l'Allemagne connaît le potentiel de Granit Xhaka. Vainqueur de la Bundesliga et de la Coupe nationale avec le Bayer Leverkusen, le Suisse a mené son équipe au succès tout au long de la saison et a marqué les esprits dans les stades germaniques.
La Mannschaft, retrouvée et d'ores et déjà qualifiée pour les huitièmes de finale de l'Euro, apparaît confiante avant sa «finale» contre la Nati dimanche à 21h. Certains diront qu'elle l'est même trop. Julian Nagelsmann est plus inquiet par l'état de la pelouse que son adverse. Kicker rapporte qu'il a fallu plus de 20 minutes en conférence de presse vendredi à Herzogenaurach pour aborder le match contre la Suisse. Si la composition allemande ne changera pas, parce qu'elle convient ainsi et que les cartons ne seront pas remis à zéro avant les demi-finales, on semble déjà avoir un peu la tête à la suite.
Le recordman de sélections a d'abord brillé en ouverture contre la Hongrie. Il n'a certes ni marqué ni signé un assist, mais il était au four et au moulin au milieu de terrain. Une prestation qui lui a valu le titre d'homme du match et grâce à laquelle la Nati a rendu une copie quasi parfaite en première mi-temps. Au contraire, lorsque Granit Xhaka s'est effacé mercredi contre l'Ecosse, l'équipe de Suisse a sombré dans le jeu et concédé le nul un partout face à la 39e nation mondiale.
Le Suisse était libre de tout mouvement contre les Hongrois. Les Ecossais n'ont pas été aussi généreux. Il serait fort de dire que Steve Clarke avait un plan anti-Xhaka. Scott McTominay a néanmoins eu un rôle précis à tenir - il a marqué à la culotte le milieu de Leverkusen tout au long de la rencontre.
Tout cela n'a bien sûr pas échappé au sélectionneur Nagelsmann. Il peut s'en inspirer pour contrecarrer les plans offensifs de la Nati, alors même que la possession sera logiquement à l'avantage de la Nationalmannschaft, et que l'Allemagne n'a pas réellement à modifier son schéma tactique pour stopper les attaques de la Suisse. Cette équipe est en effet suffisamment en place ainsi depuis le retour de Toni Kroos. Le désormais ex-joueur du Real Madrid a solidifié le «Doppelsechs», un système à deux «6» qu'il compose avec Robert Andrich. Mais Andrich, justement, connaît parfaitement le leader de la Nati. Il le côtoie à Leverkusen à l'année, maitrise son jeu, ses feintes, et peut tenir un rôle similaire à celui de Scott McTominay.
Etant donné la propension de Granit Xhaka à venir chercher les ballons bas pour organiser le jeu de son équipe, la piste Ilkay Gündogan semble également appropriée. Il est vrai que le capitaine de la Mannschaft occupe dorénavant un rôle plus offensif et compose une ligne d'attaque redoutable en compagnie des virevoltants Florian Wirtz et Jamal Musiala, sous un faux neuf en la personne de Kai Havertz. Mais il participe généralement aux premiers mouvements défensifs de son équipe. Gündogan est un homme à tout faire. Toujours concentré, il est du genre à ne pas tacler et à rester debout. Il pourrait tenir Granit Xhaka de près dès la première passe. Il évoluerait alors entre les lignes - comme il le fait déjà en attaque - sans risquer de désorganiser le «Doppelsechs».
On ne sait pas si le sélectionneur allemand optera pour la carte marquage individuel dimanche à 21h, étant donné la qualité de son XI et toutes les options qu'il a à sa disposition. Ce pourrait néanmoins être une initiative intéressante, surtout que Murat Yakin n'a pas su contrer ce choix tactique en cours de partie mercredi contre l'Ecosse. Qu'il suive ou non ce modèle, la donne reste toutefois la même pour Nagelsmann. S'il ne veut pas céder la première place du groupe à la Nati à l'issue du match, son équipe doit empêcher Granit Xhaka de s'exprimer comme il l'a fait contre la Hongrie.