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Ligue des champions: le PSG est devenu un cimetière à carrières

Le vestiaire du PSG, où tant de bons joueurs viennent s'enterrer.
Le vestiaire du PSG, où tant de bons joueurs viennent s'enterrer. Image: Shutterstock

Le PSG est devenu un cimetière à carrières

La plupart des joueurs qui signent au PSG connaît un déclin brutal et immédiat. Conséquence: malgré un recrutement à 147,5 millions d'euros, le club parisien dit manquer de ressources, ce mardi, pour affronter le Bayern en Ligue des champions.
14.02.2023, 12:04
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Christophe Galtier était presque gêné de le dire mais il l'a dit: son équipe a «un problème d'effectif». «C’est bizarre de dire ça quand on parle du PSG mais c’est la réalité actuelle», a osé l'entraîneur parisien après une nouvelle débâcle à Monaco (3-1).

C'est bizarre de dire ça, certes, quand on a dépensé 147,5 millions d'euros sur le marché des transferts, sans compter les 36 millions provisionnés pour l'achat (obligatoire) d'Hugo Ekitike.

Les achats du PSG pendant l'été 2022

Source: transfermarkt.
Source: transfermarkt.

Le directeur sportif du PSG, Luis Campos, a une approche plus décomplexée. Il attribue ce problème d'effectif à des transferts qui n'ont pas pu aboutir (Skriniar, Ziyech) et aux brimades du fair-play financier. C'est bizarre de dire ça après avoir engagé six joueurs de premier plan, tous internationaux portugais, espagnols ou français, pour faire face aux imprévus, un peu comme une réserve de pâtes en période de pandémie, mais la réalité actuelle est encore plus étrange: à quelques heures du match le plus important de la saison, au moment de paraître utiles et en pleine possession de leurs moyens, ces six renforts sont soit blessés, soit hors de forme.

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Christophe Galtier et son boss Luis Campos.Image: sda

Tandis que le Bayern Munich débarque à Paris avec, certes, ses petits problèmes, mais des certitudes éprouvées, le PSG en est là, à compter ses blessés et ses soutiens, à prier pour que son attaque soit sur pied et sa défense pas trop sur les talons. Comme les cigognes et les déclarations d'impôts, les problèmes du PSG reviennent toujours en février. Un surtout: ses erreurs de casting.

Hugo Ekitike en est l'exemple le plus caricatural. Officiellement, le PSG a engagé le grand espoir français (20 ans, 1,89 m) parce qu'il est l'archétype de l'avant-centre moderne, agile et vif malgré sa taille, doté d'une personnalité non moins imposante. En gros, Ekitike est le nouvel Ibra (rires).

Hugo Ekitike.
Hugo Ekitike.Image: sda

Après quelques bouts de match accordés sous la complainte, Galtier trouve que le garçon n'a pas la bonne attitude et découvre qu'il ne prend pas la profondeur (bizarre répulsion pour un avant-centre moderne). L'espoir déchu passe son temps de jeu épars à attendre des ballons que Messi ne veut pas lui donner et à recevoir des soufflantes que Neymar ne peut pas réprimer.

Soler, Ruiz, Sanchez... Bonnet d'âne et bonnet blanc

Mais que dire des autres? Carlos Soler était le capitaine de Valence avant de devenir le remplaçant de Messi. L'international espagnol, 26 ans, n'avait jamais quitté sa ville, sa famille et son club, avant de monter à Paris. C'est bizarre de lui reprocher des difficultés d'adaptation dans un championnat qu'il ne connaît pas, dans une culture footballistique éloignée de la sienne, dans une équipe qui ne fonctionne pas, où il ne joue quasiment pas, à un poste qui ne lui convient guère.

Fabian Ruiz était indispensable à Naples quand il a rejoint Paris pour «dépanner dans toutes les zones de l'entre-jeu». En Italie, les spécialistes le décrivaient comme un gaucher talentueux mais irrégulier, qui a besoin de jouer pour rester dans le rythme et en confiance. Faut-il dès lors trouver bizarre qu'avec des apparitions toutes les trois giboulées de neige, Fabian Ruiz soit devenu particulièrement irrégulier, voire discret?

Fabian Ruiz.
Fabian Ruiz.Image: sda

Avant son transfert au PSG, Renato Sanches cumulait les blessures et, bizarrement, il est annoncé blessé pour la venue du Bayern. Vitinha, 41,5 millions d'euros, a réussi des débuts brillants avant de sombrer tout aussi bizarrement.

Le PSG les paie pour partir

C'est ainsi que sur le plateau du Canal Football Club, dimanche, Samir Nasri en est venu à se demander:

«Pourquoi avoir chassé des Draxler, des Herrera, si c'est pour dépenser une fortune sur d'autres mecs qui ne jouent pas et ne font pas mieux?»

La remarque est d'autant plus pertinente que pour recruter ces nouveaux plan B, le PSG s'est péniblement débarrassé des précédents. En les cédant gratuitement (Ander Herrera à l'Atletic Bilbao, Rafinha au Qatar) ou à vil prix (Pablo Sarabia à Wolverhampton pour 5 millions d'euros, Thilo Kehrer à West Ham pour 12 millions).

Pis pour les joueurs en prêt: le PSG a eu tellement de peine à leur trouver un employeur, à convaincre un club de les accueillir (et plus encore de les payer), qu'il continue d'assumer entre 40 et 80% de leur salaire.

Les joueurs du PSG en prêt

  • Mauro Icardi (Galatasaray)
  • Keylor Navas (Nottingham Forest)
  • Abdou Diallo (RB Leipzig)
  • Georginio Wijnaldum (AS Rome)
  • Julian Draxler (Benfica)
  • Junior Dina Ebimbe (Eintracht Francfort)
  • Layvin Kurzawa (Fulham)
  • Colin Dagba (Strasbourg)

Dans la Ville lumière, même les stars s'éteignent. Keylor Navas était l'un des trois meilleurs gardiens du monde avant que le PSG ne décide bizarrement de le mettre en concurrence avec le No 4. Leo Messi marquait trois à cinq fois plus de buts quand il évoluait à Barcelone. Neymar était un renard des surfaces, candidat au Ballon d'or, avant de devenir un oiseau de nuit.

Et que dire des entraîneurs? Christophe Galtier était un gagneur, Mauricio Pochettino un précurseur, Thomas Tuchel un leader et Unaï Emery un triple vainqueur de Coupe d'Europe. Au PSG, ils sont tous devenus des tocards.

Conclusion: le PSG est un cimetière de carrières. Un club où «l'on prie pour ne pas en prendre cinq contre le Bayern» (Daniel Riolo) malgré des investissements records et où l'on trouve bizarre qu'une politique sportive impulsive, sans aucune cohérence ni continuité, ne produise pas des résultats stables, durables et convaincants.

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Video: twitter
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