Le roi des pronostics du Mondial mise sur un vainqueur surprise
Quel que soit l’expert consulté, les favoris du prochain Mondial sont clairs: la France et son effectif pléthorique, avec notamment le Ballon d'Or Ousmane Dembélé et le talentueux Michael Olise; l’Argentine, championne du monde en titre emmenée par Lionel Messi; le Portugal, impressionnant sur le papier avec Cristiano Ronaldo et plusieurs cadres du Paris Saint-Germain; l’Angleterre, toujours aussi armée pour aller loin, même si elle peine à décrocher des titres; sans oublier l’Espagne, championne d’Europe en titre, portée par Lamine Yamal.
Mais ceux qui veulent briller dans les jeux de pronostics devraient plutôt suivre le modèle de Joachim Klement. Cet économiste, mathématicien et stratège en investissement a correctement prédit les trois derniers champions du monde, alors qu’il entendait initialement démontrer que les modèles de prévision sont peu fiables.
«L’idée était de montrer que les économistes ne sont pas forcément fiables dans leurs prévisions. Et puis s’est produit le pire scénario imaginable: l’Allemagne est effectivement devenue championne du monde en 2014», a déclaré Klement dans une interview au magazine Focus. Et la situation ne s’est pas arrangée depuis: son modèle a également anticipé correctement la victoire de la France en 2018 et celle de l’Argentine en 2022.
L’algorithme repose sur plusieurs facteurs: la taille de la population, qui reflète le vivier de talents, l’ancrage du football dans la société, le climat permettant un entraînement toute l’année et la position au classement mondial. A cela s'ajoute une part de hasard pour intégrer l’imprévisibilité du sport.
Le pays que le système désigne aujourd’hui comme futur vainqueur de la Coupe du monde 2026 est surprenant, même pour Klement lui-même. Il ne s’agit pas d’un ancien champion du monde et il ne figure pas non plus parmi les principaux favoris. On parle ici des Pays-Bas.
«Incroyable», diraient les amateurs de football. Les Pays-Bas n’ont pas réussi à gagner la Coupe du monde avec la légendaire équipe de Johan Cruyff en 1974, ni plus tard avec Marco van Basten, Ruud Gullit ou Arjen Robben. Et ils devraient y parvenir aujourd’hui, sans véritable star offensive, quand bien même ils restent de sérieux outsiders?
Jusqu’où ira la Nati?
Pour l’équipe de Suisse, le modèle de Joachim Klement ne prévoit malheureusement pas un long parcours dans le tournoi. Xhaka et ses coéquipiers élimineraient l’Egypte en seizièmes de finale, avant de s’incliner en huitièmes face au futur finaliste, le Portugal.
Il n’est peut-être pas si mal de ne pas figurer parmi les favoris de Klement. Celui-ci espère en effet que sa prédiction est biaisée et qu’elle s’avérera erronée, comme il l’a confié il y a quelques jours au Spiegel. «Peut-être que j’ai, même inconsciemment, choisi une variante improbable pour me prouver qu’un jour j’aurai enfin tort», a-t-il déclaré.
(yno/roc)
