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Granit Xhaka rêve d'un nouveau jour férié en Suisse

Granit Xhaka rêve d'un nouveau jour férié en Suisse

Le milieu et capitaine de la Nati aimerait beaucoup que le 19 juillet prochain devienne un jour férié en Suisse.
08.07.2026, 21:0008.07.2026, 21:00
Étienne Wuillemin

Lorsque nous avons rencontré Granit Xhaka quelques jours avant le début du Mondial pour un entretien exclusif, on lui a posé cette question: «Si vous pouviez instaurer une nouvelle loi, laquelle serait-elle?» Le capitaine de la Nati a répondu sans hésiter:

«Si la Suisse devient championne du monde le 19 juillet, plus personne ne devrait travailler ni aller à l’école ce jour-là»

La Suisse n'était pas encore en quart de finale de la Coupe du monde, pas encore à trois matchs de devenir championne du monde. Mais voir grand, c’est dans la nature de Granit Xhaka. Le fait même qu’il ait grandi en Suisse tient d’ailleurs un peu du hasard. Lorsque ses parents ont fui le Kosovo, ils se sont arrêtés chez des proches à Bâle. Leur destination finale devait être la Suède. Une semaine est devenue deux semaines, puis un mois, puis plusieurs. Finalement, la famille Xhaka n'est jamais repartie.

Petit, Granit Xhaka le reconnaît aujourd'hui: «J’étais un sacré garnement». Puis il ajoute:

«J’ai toujours été, comme aujourd’hui, quelqu’un de très ouvert et très direct. Certains appréciaient, d’autres moins. À l’école, il m’arrivait de faire quelques bêtises qui me valaient ensuite une bonne réprimande à la maison.»

La famille reste aujourd’hui encore son premier cercle de confiance. «Je leur demande leur avis sur presque tout. Même maintenant. Je suis père de trois enfants, j’approche de mes 34 ans, mais lorsqu’il faut prendre une décision importante, par exemple pour un gros achat, je suis toujours heureux de pouvoir en parler avec mes parents ou avec mon frère Taulant. Plus jeune, je voulais tout, tout de suite. Aujourd’hui, je suis devenu plus patient.»

À 16 ans, une rupture des ligaments croisés lui a fait pourtant craindre le pire. Et si sa carrière s'arrêtait là? Mais il a rebondi et, deux ans plus tard, est devenu champion du monde avec la Suisse M17. Depuis, il a vécu un paquet de matchs exceptionnels. Quelle rencontre en équipe de Suisse ne pourra-t-il jamais oublier?

«La première. Contre l’Angleterre, à Wembley. Je pensais être prêt pour une telle ambiance. Mais lorsque l’hymne national a retenti, j’ai été complètement submergé. Pendant deux ou trois minutes, j’ai connu une nervosité presque indescriptible. Heureusement, elle a disparu dès le coup d’envoi. »
Swiss forward Granit Xhaka in action during a UEFA European Championship Euro 2012 qualifying group match between England and Switzerland at Wembley Stadium, in London, England, Saturday, June 4, 2011 ...
La première du futur patron de la Nati.Image: KEYSTONE

À l’époque, Xhaka n’avait que 19 ans et évoluait encore au FC Bâle. Un peu plus d’un an plus tard, il a rejoint le Borussia Mönchengladbach. Un transfert décisif, sur le terrain comme dans sa vie privée. À l’accueil du club travaillait alors Leonita Lekaj. Chaque fois que les joueurs montaient le grand escalier en colimaçon, leurs regards croisaient ceux des employés de la réception. Aujourd’hui, Granit et Leonita Xhaka sont parents de trois filles: Ayana (6 ans), Laneya (5 ans) et Neyana (1 an).

À quoi ressemble Granit Xhaka dans l’intimité? Sa décoration préférée? «Un tableau représentant ma femme et notre premier enfant, offert par un artiste de Dubaï.» Ses talents de cuisinier? «Je ne cuisine pas très bien. Mais je pense que ça pourrait me plaire. C’est une activité qui apaise.» Peut-il se passer de son téléphone? «Ça dépend. Quand je suis seul, je l’utilise beaucoup. Avec ma famille, beaucoup moins. Et je peux très bien m’en passer.» Quelles qualités aimerait-il transmettre à ses filles? « L’ambition. Et la volonté d’aller au bout des choses, même quand elles paraissent difficiles.» Et quel défaut préférerait-il qu’elles n’héritent pas de lui? «Mon impatience.»

Son ambition et sa détermination ont fait de Granit Xhaka le meilleur footballeur que la Suisse ait connu. Tout au long de sa carrière, il s’est relevé des situations les plus compliquées. À Mönchengladbach, il a d’abord dû convaincre l’entraîneur Lucien Favre. À Arsenal, ses sept saisons ont été une succession de hauts et de bas: adulé, puis rejeté par les supporters, avant de regagner leur estime.

Il a ensuite conduit Leverkusen à un doublé historique, offrant au club le premier titre de champion d’Allemagne de son histoire. Puis, de retour en Angleterre, il a réussi un nouvel exploit en qualifiant Sunderland, tout juste promu, pour une compétition européenne.

Imaginer aujourd’hui la Nati sans Granit Xhaka relève presque de l’impossible. Certes, le capitaine continue de susciter des débats: le geste de l’aigle bicéphale, son refus du vaccin contre le Covid, ses cheveux décolorés ou encore quelques frictions avec certains entraîneurs ont alimenté les polémiques. Mais une chose ne change jamais: à chaque match, il laisse son cœur sur le terrain.

L’heure est venue, une fois encore, d’écrire l’histoire. En 2014, 2018 et 2022, l’aventure suisse s’était arrêtée en huitièmes de finale. Voici cette fois la Nati en quart de finale, avec un capitaine plus ambitieux que jamais.

Revivez la victoire de la Nati face à la Colombie aux tirs au but
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Revivez la victoire de la Nati face à la Colombie aux tirs au but
source: sda / timothy matwey
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L'attitude «scandaleuse» d'un Colombien face à la Nati
Entré en jeu à la 118e minute de jeu, le Colombien Yerry Mina a fait parler de lui pour de mauvaises raisons en perturbant plusieurs tireurs suisses lors de la séance de tirs au but.
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