Avec cette équipe de Suisse, plus rien n'est impossible
La Nati est en quart de finale de la Coupe du monde. Un exploit historique, que la plupart des supporters vivent pour la première fois. Il faut en effet remonter à 1954, lors du Mondial organisé à domicile, pour retrouver la Suisse parmi les huit meilleures équipes de la planète.
L'euphorie a donc naturellement gagné tout le pays. Les images des fan zones et des rues en liesse en témoignent. Elles sont également parvenues jusqu'à ceux qui en sont les principaux artisans. Murat Yakin n'a pas caché son immense émotion: «C'est l'une des plus belles choses que l'on puisse vivre en tant que sélectionneur national.»
C'était précisément l'objectif de la Nati: disputer la meilleure Coupe du monde de l'histoire du football suisse et rendre fiers les supporters restés au pays. L'ambition était grande, presque vertigineuse. Mais cette équipe l'a atteinte avec brio. La Suisse est plus que jamais fière de sa Nati. Pourtant, l'appétit du capitaine Granit Xhaka et de ses coéquipiers est encore loin d'être rassasié et c'est normal: avec cette Nati, rêver n'a plus rien d'interdit.
Certes, la Suisse abordera encore son quart de finale face à l'Argentine de Lionel Messi dans la peau de l'outsider. Mais le champion du monde en titre a déjà vacillé contre le Cap-Vert, puis face à l'Égypte. Ce géant du football, désormais chancelant, semble mûr pour être cueilli dans le tableau. Et cette Suisse-là en a les moyens.
Car une chose est désormais certaine: il n'est plus permis de douter de la capacité de cette Suisse à faire tomber n'importe quel adversaire. Bien sûr, la suite de la Coupe du monde lui réservera encore des obstacles plus imposants que la Colombie. Mais les Sud-Américains réalisaient jusque-là un tournoi de très haut niveau et s'étaient hissés, aux yeux de nombreux observateurs, au rang d'outsider crédible pour le titre.
C'est aussi la raison pour laquelle l'optimisme n'était pas forcément débordant en Suisse avant ce huitième de finale. À la rédaction des sports, nous le ressentions en tout cas ainsi. Le souvenir des défaites passées dans les grands rendez-vous continuait de résonner, comme une douleur familière. Avec cette crainte, presque instinctive, de voir la Nati subir une nouvelle élimination amère au bout du compte, surtout si la rencontre restait longtemps indécise.
Le bilan de la Suisse en prolongation et aux tirs au but parlait d'ailleurs de lui-même: depuis le début du siècle, la Nati n'avait remporté qu'un seul de ses sept matchs qui n'étaient pas décidés après 90 minutes. Mais mardi soir, les Suisses ont chassé leurs vieux démons. Et ils ont prouvé que ces craintes n'avaient finalement plus lieu d'être.
Car à Vancouver, face à la Colombie, nous avons vu une autre Nati. Une équipe sûre d'elle, que rien ne semble pouvoir déstabiliser, pas même les blessures de plusieurs cadres à la veille du match.
Une équipe capable de garder son sang-froid dans les moments décisifs et de tirer le maximum de chaque situation. Surtout, nous avons vu une Suisse qui croit à sa réussite à chaque seconde, avec toutes ses forces. Cette Nati mérite que nous y croyions aussi et que nous la puissions très fort, très loin.
