Rapperswil a une recette très simple pour battre Gottéron
La magie de la brocante. C’est sans doute la meilleure manière de résumer la plus grande surprise de ces play-off. Rapperswil peut mettre un terme à la saison du titan Fribourg-Gottéron avec une victoire, ce lundi (20h00), et se hisser en demi-finale.
La brocante des Lakers? Il s’agit de dénicher des joueurs que d’autres ont mal évalués ou simplement ignorés, et qui ont fini dans la «brocante des transferts». Un exemple: Melvin Nyffeler. Formé chez les ZSC Lions, le gardien de 31 ans n’a jamais eu sa chance ni à Zurich, ni à Gottéron, ni à Kloten, avant d’atterrir il y a une bonne dizaine d’années en deuxième division à Rapperswil.
Aujourd’hui, il est le «Leonardo Genoni des gens modestes» et n’a concédé aucun but en plus de 45 minutes de supériorité numérique des Fribourgeois dans cette série.
Un autre exemple? L'ex-junior zougois Nico Dünner (31 ans). Il s'était retrouvé bloqué à Langenthal et avait proposé ses services à des clubs de première division, essuyant les refus d'Ambri et Langnau. Avant de trouver refuge chez les Lakers. Aujourd’hui, il est le capitaine de l’équipe surprise de la saison.
Le coach a pris sa revanche
L’histoire de l’entraîneur s’inscrit dans la même logique: Johan Lundskog s’était forgé une réputation d’excellent assistant, mais avait échoué comme entraîneur principal à Berne et à Mannheim.
A l’époque, le CEO du CP Berne, Marc Lüthi, s’était opposé en interne à sa promotion: une expertise commandée par le club bernois auprès d’un cabinet de conseil en ressources humaines contenait des remarques critiques sur les qualités de leadership du Suédois. Ce document s’était même retrouvé dans les médias, dans des circonstances restées à ce jour inexpliquées.
Et voilà que l’ancien entraîneur du CP Berne, alors publiquement désavoué, est en passe de réaliser l’une des plus grandes sensations de l’histoire des play-off. Le fait qu’il ait éliminé les Ours lors du play-in sur la route des quarts de finale constitue une histoire toute particulière de justice sportive.
Un modèle de gestion
Quand on dispose de peu de moyens – le budget des Lakers est à peu près équivalent (environ 15 millions de francs) à celui d’Ajoie –, il faut veiller à ce que l’environnement soit parfait.
«Il a renoncé à beaucoup d’argent», affirme un directeur sportif d’un grand club, toujours contrarié. Tyler Moy, médaillé d’argent aux Mondiaux 2025, a récemment surpris toute la ligue en refusant effectivement toutes les offres lucratives d'autres clubs. A la place, il a prolongé de quatre ans avec les Lakers.
Le binational américano-suisse accorde plus d’importance à la qualité de l’environnement qu’au salaire. Selon le principe: «L’argent ne fait pas le bonheur».
Les Lakers ne sont pas seulement l’équipe surprise de la saison. Ils sont l’équipe surprise de la décennie: depuis leur promotion en 2018, ils tirent année après année le maximum de leurs moyens.
Dans cette perspective, un triomphe face à Gottéron ne serait pas seulement une sensation. Ce serait surtout une nouvelle confirmation d’une gestion exemplaire sur la durée.
Adaptation en français: Yoann Graber
