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Les violences envers les femmes augmentent durant la Coupe du monde

Violence: La coupe du monde aura un côté sombre
Pendant la Coupe du monde, la fête peut virer au cauchemar pour les femmes.Image: Shutterstock / Keystone / montage watson

Ce côté sombre de la Coupe du monde va toucher les femmes

Plusieurs études ont mis en parallèle les grands évènements sportifs avec l'augmentation des violences conjugales. Ceci, que l'équipe perde ou gagne. Au Mexique, pays hôte du mondial, des initiatives vont tenter d'endiguer le problème.
07.06.2026, 18:5707.06.2026, 18:57
Natasha Hähni

Erreur d’arbitrage, explosion de joie après un but, défaite, lors de la Coupe du monde de football qui débutera jeudi, les émotions vont à nouveau être fortes dans les foyers du monde entier. Mais pour de nombreuses femmes, la fièvre du Mondial accroît aussi leur risque de devenir victimes de violences conjugales.

L’expression est connue en Amérique latine:

«Quand mon équipe perd, ma famille perd»

Mais c'est justement la vraie famille des supporters qui peut pâtir de ces excès d'émotions. Selon ONU Femmes et l’Unicef, le nombre d’appels aux numéros d’urgence et d’aide pour violences domestiques augmente jusqu’à 30% pendant des compétitions sportives de cet importance.

Des organisations d’aide des trois pays hôtes, les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, ont donc lancé en amont de la Coupe du monde de football la campagne La violence contre les femmes ne fait pas partie du jeu.

Dans le cadre de cette action, il s’agit, en plus de sensibiliser davantage, de créer des points de contact sûrs pour les signalements et le travail de prévention, ainsi que de proposer des conseils spécialisés et un soutien. Spécialiste des violences envers les femmes, Rodrigo Peña González dit:

«Le collectif Atenea fera partie des équipes déployées au Mexique pendant la Coupe du monde»

Il s'agit là d'un groupement de femmes déployé lors de grands événements sportifs. Il existe également depuis longtemps, dans plusieurs villes mexicaines, des bus et des zones réservées aux femmes dans les stations de transports publics. Rodrigo Peña González explique:

«Durant la Coupe du monde, ce système sera mis à l'épreuve dans des conditions exceptionnelles»

Les conditions sont difficiles en Amérique latine

Selon les Nations unies, l’Amérique latine fait partie des régions les plus dangereuses au monde pour les femmes. Rien qu’au Mexique, environ dix femmes sont tuées chaque jour.

Rodrigo Peña González, directeur du Département de relations internationales et de science politique à l’Université de Monterrey
Rodrigo Peña González est directeur du Département de relations internationales et de science politique à l’Université de Monterrey, au Méxique.

Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Rodrigo Peña González dit:

«La plupart des cas de violence ne sont même pas dénoncés»

Même lorsqu’une plainte est déposée, il y a souvent peu de conséquence pour les auteurs, ce qui a des effets considérables sur la sécurité des femmes. Le directeur du département des relations internationales et de science politique de l’Université de Monterrey explique:

«L’impunité crée des espaces dans lesquels les auteurs doivent s’attendre à peu de conséquences, ce qui augmente le risque de récidive.»

Les violences sexistes lors de grands événements sportifs ne sont toutefois pas un problème uniquement latino-américain, explique Rodrigo Peña González:

«C’est un phénomène mondial»

Les violences ont lieu, que l'équipe gagne ou perde

Peu importe aussi que l’équipe de l’auteur des violences gagne ou non. Une étude parue en 2014 dans le Journal of Research in Crime and Delinquency a montré qu’en Grande-Bretagne, les violences domestiques augmentaient de 26% les jours où l’équipe nationale anglaise gagnait ou faisait match nul. Si l’équipe perdait, le nombre de cas signalés grimpait de 38%. Cette tendance s’est vérifiée sur plusieurs tournois.

On trouve des chiffres similaires aussi au Brésil et en Colombie. Les jours de match, les plaintes pour menaces et violences physiques y augmentent parfois de plus d’un quart, et encore davantage lors des matchs de l'équipes nationale. Durant la Copa America, les plaintes ont augmenté jusqu’à 50%.

Une étude américaine sur des matchs de football américain est parvenue à une conclusion similaire: les violences au sein du couple augmentaient en moyenne de 10% lorsque l’équipe locale perdait contre toute attente.

Pour la Suisse, aucun tableau clair ne se dégage jusqu’à présent. Certes, les cas de violences domestiques sont recensés statistiquement, mais le problème des violences durant le mondial n’a pas encore été étudiée de manière exhaustive. Les services fédéraux et les grands hôpitaux contactés n’ont pas pu nous fournir de données à ce sujet.

«Le regard s’arrête à la porte du stade»

Durant les manifestations sportives, la violence est souvent renforcée par la forte consommation d’alcool. Rodrigo Peña González dit:

«L’alcool agit comme un accélérateur. Il ne facilite pas seulement la violence, il la justifie»

Le Mexique a l’expérience des supporters de football ivres et agressifs, ce qui est moins le cas pour les Etats-Unis. Parmi les mesures prises par le pays latino-américain figurent notamment l’interdiction des groupes de visiteurs lors des matchs de championnat, ainsi un système dans lequel les spectateurs doivent s’enregistrer avant d’entrer au stade.

Ce système n’a jusqu’ici qu’un succès mitigé, car la règle est relativement facile à contourner. Le principal problème est ailleurs, confie Rodrigo Peña González:

«Les rares mesures contre la violence se concentrent surtout autour des stades, comme si c'était là l’origine et la fin du problème»

Ce qui se passe après le coup de sifflet final reste en revanche la plupart du temps invisible. Lorsque des supporters ramènent leur colère à la maison et la déchargent sur leur partenaire, cela intéresse bien moins que les débordements dans les tribunes. Rodrigo Peña González résume:

«Le regard s’arrête souvent à la porte du stade»

Il est donc tout d'abord essentiel d’attirer l’attention sur ce sujet, estime le spécialiste des violences. Pour l’instant, ce n’est pas encore suffisamment le cas. En conséquence, lors de la prochaine Coupe du monde de football aussi, les femmes resteront très probablement les perdantes – peu importe qui soulèvera le trophée. (adapt. dal)

Reportage avec un membre du service civil
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Reportage avec un membre du service civil

«Chacun devrait pouvoir aider comme il l'entend», estime Wanja.

source: watson
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