Le Giro vient en Suisse et ce sera brutal
C’est loin d’être l’étape reine de la 109e édition du Tour d’Italie. Mais le tracé 100% tessinois entre Bellinzone et Carì, mardi, se veut tout de même très intéressant.
D’abord parce qu’il s’agit d’une étape de montagne avec arrivée au sommet, qui ne mesure que 113 kilomètres pour près de 3500 mètres de dénivelé. Une journée courte, mais nerveuse.
Ce type d’étape a fait son apparition il y a quelques années, de façon tout à fait remarquée. Mais ces profils restent encore peu plébiscités par les organisateurs, ce qui fait l’originalité de ce parcours en Suisse.
Le profil de la 16e étape ⬇️
Ce tracé rappelle inévitablement la dernière venue du Giro en Suisse, du côté de Crans-Montana (VS). Prévue sur plus de 200 kilomètres, l’étape avait été nettement raccourcie en raison des conditions météorologiques au Grand-Saint-Bernard. Elle ne mesurait plus que 74 kilomètres, au départ de la Croix de Cœur.
Les deux heures de course avaient été intenses. Trois ans plus tard, on se souvient encore des attaques incessantes de Thibaut Pinot pour lâcher Jefferson Cepeda, qui refusait de collaborer, et de leur explication musclée. C’est finalement Einer Rubio qui avait profité de cette querelle entre les deux hommes pour s’imposer en Valais.
Si Thibaut Pinot n’avait pas réussi à distancer Jefferson Cepeda, c’est sans doute parce que l’ascension finale vers Crans-Montana est relativement «roulante» (7,1% de moyenne). Il en sera autrement mardi au Tessin, avec des montées abruptes, dans la pure tradition du Giro.
Celle de Leontica, empruntée à deux reprises en milieu d’étape, est une côte de 3 kilomètres à 8,6% de moyenne, avec des passages à 14%. L’ascension finale vers Carì, elle, est annoncée comme une montée de 11,7 kilomètres à 7,9%. Mais un replat en milieu d'effort fait que l’on oscille plutôt autour de 8,3%. Les derniers kilomètres sont également les plus difficiles, avec des pics à 13% après la flamme rouge. Un homme fort s’imposera au sommet.
Le charme de cette étape atypique tient enfin à son placement, au lendemain d’une journée de repos. Remonter en selle après une coupure est toujours difficile et il n’est pas rare de voir certains coureurs avoir du mal à relancer la machine, surtout à l’entame de la troisième semaine. Le départ ultra-rapide et nerveux attendu en faux plat montant, puis l'entrée dans le Valle di Blenio, pourraient rapidement faire exploser le peloton.
