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Les cours en présentiel? «Un pansement sur une jambe de bois!»

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En théorie, les cours sur place peuvent reprendre dans les universités. Mais la pratique est toute autre. Lassés, désabusés ou en colère, des étudiants racontent.

Hélène Krähenbühl
Hélène Krähenbühl



Plutôt cours à distance ou en présentiel? «Franchement, c'est un peu du pareil au même», répond amèrement Chiara. Pour l'étudiante en lettres, ce «retour aux sources», autorisé depuis le 19 avril dernier par le Conseil fédéral, ne vend pas du rêve. Et pour cause, cette décision intervient quelques semaines avant la fin des cours. Aussi, elle requiert des conditions strictes, qui ne permettent pas toujours l'accès au campus de manière équitable.

Des étudiants perdus

Pour la jeune femme de 23 ans, qui étudie à l'Université de Fribourg, «cette idée de présentiel, c’est un peu comme un pansement sur une jambe de bois». Et une nouvelle source d'anxiété. «On ne sait plus où donner de la tête. On a des cours à distance et un examen en présentiel, il faudrait trancher et arrêter de tout mélanger. Dans ces conditions, il est difficile de bien se préparer aux épreuves». Anne, qui étudie dans la même faculté, elle, relativise:

«C’est difficile d’appliquer les mêmes règles partout. Je m’accroche encore jusqu’à la fin de ce semestre et je reste optimiste»

Anne, étudiante à l'Université de Fribourg

Aussi, si le campus de Fribourg fait partie de l'un des seuls qui permet l'enseignement en présentiel, c'est à celui qui s'inscrira le plus vite sur Moodle. En effet, les places sont limitées, en raison des restrictions imposées par le Conseil fédéral. A savoir:

Une fois le seuil de capacité atteint, les autres étudiants n'ont d'autres choix que de suivre les cours à distance.

Des cours préenregistrés

La décision de donner le cours sur place ou en visio revient souvent à l'enseignant. «Il arrive même que les cours soient préenregistrés. Comme ce n'est pas du direct, on ne peut pas poser des questions en temps réel», déplore Léa, étudiante à Fribourg.

Marius Widmer, responsable communication du campus, admet que ce manque d'interactivité est problématique pour le bien-être des jeunes. «Certains enseignants offrent la possibilité aux étudiants d'échanger et de poser des questions sur Moodle via un forum». Il souligne aussi que les cours pratiques, eux, ont toujours lieu sur place.

Des étudiants «habitués»

D'autres jeunes comme Chloé, qui étudie à Lausanne, ne voient pas l'intérêt de revenir sur place, alors que le semestre de printemps touche à sa fin. «Je me suis habituée à la situation. Je crois que même si je pouvais le choisir, je continuerais les cours en ligne. Le changement en plein semestre, ça n’arrange personne».

«A court terme, on n'est plus à ça près. Mais on rêve d'un retour à la normale d'ici la rentrée»

Chiara, étudiante en lettres

En revanche, tout comme Léa et Chiara, la jeune femme croise les doigts pour un retour complet à la normale d'ici la rentrée de septembre.

Différences selon les cantons

L'Université de Neuchâtel et l'Université de Fribourg sont, pour l'heure, les seuls campus qui permettent de fouler à nouveau le sol de l'auditoire. A Neuchâtel, les étudiants sont séparés en deux groupes et viennent une semaine sur deux en présentiel.

Genève et Lausanne ont fait le choix de continuer les cours en ligne jusqu'à la fin du semestre. Avec certaines exceptions toutefois pour les travaux pratiques ou les séminaires.

«Nous sommes prêts»

A l'École hôtelière de Lausanne (EHL), les cours sur place n'ont pas non plus repris. Il faudra patienter jusqu'au 6 mai. Mais pour d'autres raisons. «Nous avons eu dernièrement des cas Covid parmi nos étudiants et nous voulons nous assurer que la reprise en présentiel se fera dans les meilleures conditions. Mais nous sommes prêts», assure Lucile Muller, en charge de la communication au sein de l'établissement.

Ils reprendront de manière hybride (à distance et en présentiel) selon le système «Hyflex». Une technologie qui offre les mêmes possibilités d'accès au campus, grâce à un système de rotation bien rôdé.

Malgré ces efforts et la réouverture de certains établissements, la frustration reste palpable chez les futurs diplômés. Pour beaucoup, cela ne suffit pas. Ils n'ont qu'un seul mot à la bouche: un retour à la vie étudiante. Mais un vrai cette fois. Pour toutes et tous. Et sans demi-mesures.

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