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Analyse

En guerre contre les fake news, l'OFSP publie des chiffres plus précis

Image: keystone
Pour lutter contre les fausses allégations concernant la pandémie, l'Office fédéral de la santé publique a fourni de nouvelles données. Plus précises, elles dévoilent notamment les véritables raisons des hospitalisations liées au Covid.
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10.02.2022, 11:5510.02.2022, 18:49
Petar Marjanović
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L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) publie depuis environ une semaine de nouvelles données sur la pandémie en Suisse. Ces chiffres fournissent des réponses plus précises à des questions âprement débattues: combien de personnes ont dû être hospitalisées en raison de leur infection au Covid? Combien d'entre elles ont été hospitalisées pour une autre raison? Enfin, des lits d'hôpitaux ont-ils vraiment été supprimés depuis deux ans?

Ces questions provoquent des débats musclés et d'innombrables fausses affirmations dans tout le pays depuis mars 2020. Voici un tour d’horizon de ce que révèlent les données les plus récentes.

Raisons des hospitalisations

De nouvelles statistiques concernent depuis peu les motifs exacts des hospitalisations. La discussion s'est longtemps portée sur des cas tels que des fractures de la jambe ou des appendicites devenues des «hospitalisations Covid» car les patients ont été testés positifs à leur arrivée à l’hôpital. On a pu lire des affirmations selon lesquelles ces chiffres étaient exagérés et dévoilés pour semer la panique.

Ces prétendues «affirmations» se sont rapidement révélées fausses. Le personnel des unités de soins intensifs a récemment communiqué le haut taux d’occupation des services hospitaliers. De nouvelles données ont également confirmé ces propos. Dans le graphique suivant, nous pouvons voir combien de personnes ont été hospitalisées en raison de leur infection au Covid.

Deux points attirent l'attention ici: la majorité des patients positifs au virus ont effectivement dû être hospitalisés en raison de leur infection au Covid. Mais il n'est pas possible de donner un chiffre exact. Pour de nombreuses hospitalisations, l’OFSP ne connaît pas la raison principale de l’admission à l'hôpital (ligne grise sur le graphique).

Une grande partie de ces «cas inconnus» ont eu détecté au début de la pandémie, lorsque le système de santé était débordé.

Ce n'est qu'avec le temps que les médecins ont commencé à poser la question suivante:

«Un patient souffre-t-il d'une pneumonie grave à cause du Covid – ou l'infection n'est-elle qu'un diagnostic secondaire?»

Nous y reviendrons plus tard.

Les chiffres du canton du Tessin démontrent bien cette situation. En raison de sa proximité avec le foyer d'infection au nord de l'Italie, le canton tessinois a été fortement touché au début de la pandémie. Au plus fort de la crise, une personne hospitalisée sur cinq venait du Tessin. Une période où les médecins avaient d'autres préoccupations que le recensement bureaucratique et précis de chaque patient. Ou, comme le précise à watson Rudolf Hauri, Médecin cantonal de Zoug: «Les médecins soignent en premier lieu. Les déclarations statistiques n'ont aucune valeur ajoutée pour le traitement».

Mais la raison pour laquelle de nombreuses hospitalisations n’ont pas donné lieu à de données statistiques, même après la première vague, est dû à un manque de volonté politique, comme l'expliquent plusieurs médecins cantonaux interrogés. «La protection des données prime sur l'exhaustivité des données», déclare une responsable de santé lors d’un entretien avec watson. En d’autres termes, il existe de très nombreuses sources de données qui n'ont tout simplement pas (ou pas encore) été réunies.

En effet, une hospitalisation liée au Covid génère une grande quantité de données: Quel était le diagnostic d'entrée et de sortie? Quels traitements chirurgicaux et internes ont été effectués? Ces données sont disponibles auprès des cantons, des caisses maladie, des registres du cancer, des ligues contre le cancer, de l'OFSP ou de l'Office fédéral de la statistique (OFS). Ce qui rend impossible – à l'heure actuelle – toute conclusion fiable. De plus, les informations sont de qualité variable et ne peuvent pas être regroupées pour des raisons de protection des données.

En temps normal, lorsqu'il n'y a pas de pandémie, les médecins cantonaux «courent» après ces données. Mais la quantité d'hospitalisations au début de la pandémie a rendu cela impossible: le système de déclaration a dû être repensé en février/mars 2020 – ce qui nous amène au graphique ci-dessous. Il montre comment la part des hospitalisations «en raison du Covid» a évolué. De plus, le grand nombre d'hospitalisations «inconnues» liées à la pandémie, soit 12 409, fausse encore aujourd'hui les statistiques hospitalières exactes.

Les données disponibles révèlent tout de même un point essentiel: la majorité des patients Covid (23 968) ont dû être hospitalisés en raison de leur symptômes Covid. La proportion est légèrement supérieure à 50%, mais elle aurait pu être nettement plus élevée s'il y avait eu une meilleure procédure de déclaration.

La fable des «lits d'hôpitaux supprimés»

Le deuxième jeu de données, disponible depuis début février 2022, met fin aux fausses affirmations concernant la prétendue «réduction des lits hospitaliers». Souvenons-nous: L'année dernière, des représentants de l'UDC ont demandé une augmentation du nombre de lits de soins intensifs. Ils s'appuyaient sur le graphique de l'OFSP, selon lequel des lits ont visiblement été supprimés en Suisse en pleine crise.

Cette fable s'est répandue comme une traînée de poudre dans les débats et a même donné lieu à des interventions politiques. Mais le passé a rapidement démontré qu'il ne servait à rien d'installer des lits supplémentaires: un patient en soins intensifs a besoin d’un lit, mais également du personnel et des appareils médicaux. C'est pourquoi une distinction est faite entre les lits «certifiés» et les lits «non certifiés» dans les unités de soins intensifs (USI).

Les nouvelles données publiées par l'OFSP montre l'évolution des lits dans les soins intensifs: Le nombre de lits certifiés USI exploités n'a pratiquement pas changé depuis le début de la pandémie.

Lors de la première vague, la Suisse a certes créé de nouveaux lits dits «ad hoc» dans les unités de soins intensifs. Les hôpitaux pouvaient accueillir temporairement de nouveaux patients en urgence. Mais leur prise en charge a été assurée par un surcroît de travail du personnel spécialisé, comme l'explique l'OFSP à ce sujet. Les heures supplémentaires et la surcharge de travail ont eu de graves conséquences, comme l'ont constaté les autorités il y a quelques semaines: de nombreux soignants ont quitté la profession.

La ligne rose (presque droite) pointe donc légèrement vers le bas. Nous illustrons cette évolution dans le graphique ci-dessous par des axes coupés: en l'espace de deux ans, la Suisse a perdu près de 50 lits certifiés en soins intensifs. Non pas parce qu'ils ont été «supprimés»: le stock théorique – c’est-à-dire la capacité requise – est resté élevé, alors que le nombre de lits certifiés aux soins intensifs (USI) effectivement exploités a progressivement diminué l'année dernière en raison du manque de personnel.

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