122 chiens tués en Suisse: des «scènes dignes d'un western» dénoncées
Les 6 et 7 novembre 2025, le Service vétérinaire du canton de Soleure est intervenu avec un important dispositif à la ferme du Bodenhof, à Ramiswil. Les polices cantonales soleuroise et bernoise, ainsi que des gardes-faune, ont participé à l'opération. Les équipes ont abattu 122 chiens et saisi 43 chevaux ainsi que deux chèvres. La plupart des chiens étaient des bergers de Maremme, utilisés pour la protection des troupeaux.
Les agents ont d'abord disposé de la nourriture contenant des sédatifs. Ils ont ensuite capturé les chiens à l'aide de collets avant de les euthanasier par injection létale.
Attention, images choquantes 👇
L'opération était désorganisée. Un témoin évoque des «scènes dignes d'un western». Des vétérinaires ont poursuivi certains chiens dans tous les sens à travers le domaine. Plusieurs animaux ont paniqué en voyant leurs congénères mourir.
Au moins un chien a été abattu par balle. Le témoin le confirme. Des photos obtenues en exclusivité par notre rédaction montrent un chien présentant ce qui semble être une blessure par balle. Jusqu'ici, le public pensait que les animaux avaient simplement été «euthanasiés».
Les chiens ne semblaient pas négligés
Les photos ont été prises par les autorités afin de documenter leur intervention. Plusieurs clichés montrent des chiens encore vivants. Leur pelage est blanc, ni sale ni emmêlé. Les animaux paraissent bien nourris. De nombreuses images des chiens tués ne montrent pas d'animaux dans un état de négligence.
Ces images peuvent être difficiles à regarder. Elles présentent toutefois un intérêt public, car elles soulèvent des questions sur la manière dont les autorités ont procédé. Le Service vétérinaire avait justifié cette mise à mort massive en affirmant que tous les chiens étaient «irrécupérables».
Le Service vétérinaire soleurois a fait examiner quatre des 122 chiens abattus par l'Institut de pathologie animale de l'Université de Berne. Les conclusions ne correspondent pas à la justification avancée par les autorités: «Les quatre animaux étaient bien nourris.» Leur état d'entretien était jugé «moyen». Deux présentaient du tartre dentaire et deux avaient les griffes un peu trop longues.
Les autorités épinglées
La conseillère d'État soleuroise Sibylle Jeker (UDC) a confié en novembre dernier un examen externe de l'intervention du Service vétérinaire, placé sous sa responsabilité, au cabinet d'avocats Kellerhals Carrard. Son rapport a été présenté aux médias ce vendredi à Soleure. Celui-ci indique que les 122 chiens n'auraient pas forcément tous dû être euthanasiés.
Concernant la maltraitance, les autorités soleuroises n'ont pas pris suffisamment conscience des risques, est-il précisé. Le Service vétérinaire a ainsi trop misé sur les mesures administratives.
Les autorités ont également trop accordé de confiance à la propriétaire incriminée, observe le rapport. Agée de 57 ans, celle-ci se trouve sous le coup d'une enquête pénale.
