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122 chiens tués à Ramiswil: le rapport dévoilé

122 chiens et chiots tués en Suisse: un rapport «effrayant» dévoilé

Les conclusions de l'enquête sur l'intervention polémique du Service vétérinaire soleurois dans une ferme à Ramiswil (SO) ont été rendues ce vendredi. Voici ce qu'il en ressort.
03.07.2026, 13:0203.07.2026, 13:32

Les autorités soleuroises n'ont pas pris suffisamment conscience des risques dans le cas grave de maltraitance d'animaux à Ramiswil (SO), révélé en novembre dernier. Le Service vétérinaire a trop misé sur la confiance et les mesures administratives. De plus, il aurait pu éviter d'euthanasier l'ensemble des 122 chiens saisis sur place, selon le rapport d'enquête indépendante publié vendredi.

«Un cas comme celui de Ramiswil ne doit pas se reproduire», a concédé, vendredi, la ministre soleuroise de l'Economie Sibylle Jeker (UDC) face aux médias réunis à Soleure. Selon le rapport d'enquête externe dont elle avait mandaté un bureau d'avocats, le Service vétérinaire cantonal a trop accordé de confiance à la propriétaire incriminée, a priorisé excessivement l'administration et pas assez les dangers.

Les risques de la maltraitance ont particulièrement été sous-estimés par les autorités au sujet des spécificités de race des 122 chiens trouvés à l'abandon et qui ont finalement été euthanasiés en raison de leur mauvais état de santé, observe le rapport externe. La détérioration de la situation dans l'exploitation de Ramiswil n'est, cependant, pas due à de mauvaises décisions ou à des failles au sein du Service vétérinaire.

L'euthanasie générale critiquée

Ce dernier a agi de manière professionnelle, d'après le rapport. En outre, il a eu raison d'euthanasier 99 des 122 chiens saisis le 6 novembre sur l'exploitation. Ces bergers destinés à la protection de troupeaux n'étaient pas socialisés ni entretenus dans les règles de l'art, estime le responsable de l'enquête externe, Michael Daphinoff.

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Avertissement: la galerie photo qui suit montre des chiens morts provenant du domaine du Bodenhof, à Ramiswil.

Avertissement: la galerie photo qui suit montre des chiens morts provenant du domaine du Bodenhof, à Ramiswil.

source: alessandro di fante
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Les alternatives réalistes manquaient et ces chiens n'auraient pas pu être replacés ni sollicités comme protecteurs. Les risques liés à la protection animale et à la sécurité étaient trop importants, selon l'auteur du rapport.

Michael Daphinoff souligne les caractéristiques particulières de cette race, les bergers de Maremme. Il rappelle qu'il ne s'agit pas de chiens de famille, mais de chiens de garde:

«Ils peuvent se montrer agressifs»
Michael Daphinoff

En revanche, un tri suffisamment différencié a manqué pour décider du sort des 23 autres chiens saisis. Dans leur cas, il y avait peut-être des alternatives à l'euthanasie, sauf pour deux d'entre eux qui étaient trop malades, relève le rapport.

122 chiens tués à Ramiswil: Michael Daphinoff, responsable de l'enquête
Michael DaphinoffImage: Keystone

Les autorités ont aussi saisi 43 chevaux et deux chèvres. Parmi eux, 32 dont 12 poulains ont été vendus aux enchères quelques semaines plus tard à Schönbühl (BE) sur ordre du canton de Soleure.

Des mesures drastiques ont été prises

Les évènements du mois de novembre ont constitué le paroxysme de l'effondrement d'un système mis en place dans l'exploitation, observe Michael Daphinoff. Les mesures drastiques d'intervention prises sur place par les autorités ont été pesantes pour tout un chacun.

Dans l'affaire de Ramiswil, le Service vétérinaire soleurois a surveillé le cas d'emblée, pris plusieurs mesures adéquates, agi de manière coordonnée et bien communiqué sur le plan interne, souligne Daphinoff. En revanche, il lui a manqué une vision d'ensemble et il a gardé trop longtemps une attitude bienveillante envers la détentrice des animaux.

Il aurait dû mener plus tôt une évaluation globale systématique, selon lui.

Un comportement manipulateur

Agée de 57 ans, la propriétaire probablement dépassée par la tâche et les évènements est sous le coup d'une enquête pénale. Elle ne disposait d'une autorisation que pour 25 chiens.

Son comportement a été souvent évasif et parfois manipulateur. Elle a su donner l'illusion d'une coopération de sa part en faisant des promesses et en faisant intervenir son entourage de manière ciblée, souligne le rapport. De cette manière, elle a masqué l'état réel de l'entretien de ses animaux.

Elle a «trompé» le Service vétérinaire et a «joué la montre», déplore la conseillère d'Etat Sibylle Jeker. Si l'intervention des autorités en novembre s'est déroulée rapidement, de manière professionnelle et proportionnée dans l'ensemble, il aurait été possible d'agir plus tôt et de façon plus conséquente, constate la ministre.

Sibylle Jeker
Sibylle JekerImage: Keystone

Le rapport externe va donc être analysé en profondeur et le département dirigé par Sibylle Jeker va élaborer des mesures concrètes pour renforcer le travail du Service cantonal de l'agriculture et des affaires vétérinaires.

Une plainte pénale déposée

Dans un communiqué, la Protection suisse des animaux (PSA) annonce le dépôt d'une plainte pénale contre les autorités en raison de l'euthanasie «incompréhensible» des 122 chiens de Ramiswil, «pratiquée sans examen au cas par cas», selon elle. A ses yeux, le rapport d'enquête indépendant est «effrayant», «accablant» et «met en lumière des défaillances humaines».

En outre, la PSA reproche à ce rapport de n'aborder qu'insuffisamment les circonstances et les méthodes de l'euthanasie générale pratiquée. Pour elle, l'appartenance à une race particulière ne constitue pas un critère suffisant, chaque chien aurait dû faire l'objet d'un examen approfondi.

Et de reprocher au canton d'avoir failli dans son système de surveillance. (jzs avec ats)

Une meute de chiens échappent de l’abattage en sautant d'un camion.
Video: watson
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