Suisse
Assurance maladie

Primes 2024: pour cet expert de Comparis, Berset a tout faux

«Cette hausse des primes aurait pu être évitée!»

Felix Schneuwly est expert en assurance maladie auprès du portail de comparaison Comparis. Il livre son analyse la nouvelle hausse des primes d'assurance maladie et explique ce que les politiciens – notamment Alain Berset – font de travers.
27.09.2023, 11:3427.09.2023, 20:13
Aylin Erol
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Le conseiller fédéral Alain Berset a annoncé mardi que les primes d'assurance maladie augmenteront de 8,7% l'année prochaine. Que pensez-vous de cette déclaration?
Felix Schneuwly:
C'est vraiment une augmentation considérable qui touchera durement la classe moyenne et tous ceux qui se trouvent en dessous. Ils devront mettre beaucoup d'argent de côté pour pouvoir continuer à payer leurs primes –alors que le coût de la vie ne cesse d'augmenter.

«Mais ce qui m'énerve le plus, c'est que cette hausse des primes aurait pu être évitée»

Comment?
Il n'aurait pas fallu puiser dans les réserves des caisses maladie après la pandémie. Aujourd'hui, leurs réserves sont épuisées. Elles doivent donc répercuter l'augmentation des coûts de la santé sur les assurés. Ce qui est particulièrement tragique dans toute cette histoire, c'est que ce n'est pas la première fois que le Conseil fédéral fait cette erreur – c'est déjà la troisième fois. Et à chaque fois, la situation s'est soldée par un choc des primes pour les assurés. La politique ne tire pas les leçons du passé.

Au sujet de l'expert
Felix Schneuwly est expert en santé et en caisses maladie pour le comparateur en ligne Comparis. Avant d'occuper ce poste, il était responsable de la politique et de la communication pour Santésuisse, l'association de la branche de l'assurance-maladie.

Lors de la conférence de presse de mardi, le conseiller fédéral Alain Berset a déclaré que l'on avait essayé de maintenir l'augmentation des primes aussi basse que possible par des réformes.
Oui. Le fait qu'Alain Berset ait également défendu ses mauvaises réformes des dix dernières années lors de la conférence de presse m'a particulièrement étonné.

«Les deux mesures d'économies, en particulier, ne font qu'engendrer des charges administratives inutiles pour le personnel médical»

Cela coûte cher et attise aussi la pénurie de personnel qualifié. Les gens sont devenus médecins ou infirmiers parce qu'ils veulent aider les gens, pas pour remplir des documents. Mais le contre-projet du Conseil fédéral à l'initiative du Centre sur le frein aux coûts et à l'initiative du PS sur l'allègement des primes est également inutile.

Pourquoi?
Notre loi offre déjà des solutions. Il est possible de réclamer aux cantons l'argent alloué par la Confédération pour la réduction de primes s'ils ne le redistribuent pas d'eux-mêmes. Un arrêt du Tribunal fédéral a déjà été rendu à ce sujet dans le cas du canton de Lucerne. Et pourtant, le canton de Zurich, par exemple, veut à nouveau diminuer les réductions de primes. Et dans le cas de l'initiative sur le frein aux coûts: toutes les institutions de santé sont déjà tenues de n'entreprendre que les interventions et les thérapies qui sont vraiment nécessaires. Malgré cela, notre système est actuellement conçu de telle manière que ceux qui en font le plus possible en ressortent gagnants.

Felix Schneuwly, Krankenkassenexperte Comparis praesentiert die Resultate der juengsten Gesundheitsausgabenprognosen vom Herbst 2018 an einer Medienkonferenz in Zuerich am Dienstag, 20. November 2018. ...
Felix Schneuwly, expert en assurance maladie chez Comparis.Image: KEYSTONE

De votre point de vue, notre système de santé peut-il encore être sauvé?
Certainement. Il faudrait juste que des réformes ambitieuses soient enfin mises en place – des réformes qui récompensent l'efficacité et la qualité plutôt que la quantité. Et en même temps, les mauvaises réformes du passé doivent être abrogées. Par exemple, il faut mettre fin à la bureaucratie de la gestion des coûts et de la qualité.

Au niveau politique, y a-t-il des déclarations que vous ne pouvez plus entendre en ce qui concerne les caisses de maladie?
Oui, cette tendance à toujours blâmer les autres. Je serais favorable à ce que chaque acteur qui souhaite apporter sa contribution à la discussion commence par faire part de son propre potentiel d'amélioration. En outre, je serais heureux que la politique comprenne enfin qu'il ne sert à rien de présenter toujours les mêmes propositions. Il faut trouver de nouvelles approches.

Traduit et adapté de l'allemand par Léa Krejci

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Primes maladie: J'ai (encore*) la haine
Chaque année, c'est la même rengaine. Les primes maladie augmentent, on s'inquiète, les politiques tapent du poing sur la table, les assureurs encaissent. Et une fois que l'orage est passé, qu'on est bien tondu, on se remet sagement au boulot, jusqu'à la prochaine annonce. Mais comment a-t-on pu en arriver là?

Aussi loin que remontent mes souvenirs d'adulte, qui soupire devant la boîte aux lettres et qui paie ses factures, j'ai toujours vécu le fameux ras-le-bol de fin septembre (ou du milieu de l'année*). L'annonce de la hausse des primes maladie. Cette sensation aigre-douce qu'on nous la fait à l'envers, encore et encore.

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