Les CFF virent cet employé à cause d'un livre
Un mécanicien de locomotive a été licencié avec effet immédiat par les CFF pour avoir lu en conduisant son train. Dans un arrêt publié lundi, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a confirmé son licenciement en rejetant son recours.
Ce mécanicien travaillait depuis 15 ans au sein de l'ex-régie fédérale. Dans la soirée du 15 mai 2025, il était entré en gare avec la lumière allumée dans sa cabine, comme l'avaient constaté trois employés des CFF présents sur le quai.
Ces derniers avaient d'abord été étonnés par la lumière dans la cabine, car elle altère la visibilité. Ils avaient ensuite aperçu le mécanicien un livre à la main, continuant de lire à l'arrêt. Le mécanicien avait redémarré et était reparti de la gare toujours en train de lire.
Les trois employés, qui faisaient partie des cadres des CFF, avaient pris des photos du mécanicien lorsque le train était à l'arrêt. Ils l'avaient ensuite dénoncé auprès des CFF, qui avaient immédiatement retiré du service le mécanicien.
«Exercice de mémorisation»
Ce dernier s'était défendu en disant qu'il ne lisait pas, mais qu'il s'exerçait à un «exercice de mémorisation» à l'aide d'une note manuscrite posée sur le livre qu'il utilisait comme sous-main. Les CFF l'ont licencié avec effet immédiat pour juste motif le 16 juin 2025, déclarant être persuadés que le mécanicien avait lu pendant qu'il conduisait le train.
Le mécanicien licencié a fait recours auprès du Tribunal administratif fédéral, en alléguant que la résiliation immédiate des rapports de travail était injustifiée.
Il niait avoir lu un livre en conduisant son train: il expliquait qu'il avait un livre dans sa cabine qu'il lisait uniquement pendant les temps d'attente en gare. Le livre lui servait de sous-main pour ses exercices de mémorisation. Il admettait toutefois avoir conduit de nuit avec la cabine allumée afin de rester vigilant.
Faute grave
Le TAF n'a pas retenu sa version des faits, soulignant notamment qu'il était plus commode d'utiliser un livre fermé comme sous-main alors que les photos prises par les témoins montraient un livre ouvert. Les juges en concluent que le mécanicien a lu à l'arrêt, mais également lorsqu'il conduisait le train.
Un tel comportement constitue une faute grave, car le mécanicien a accompli ainsi et de manière délibérée des activités susceptibles de le distraire. Le seul exercice de mémorisation était déjà en soit problématique, relèvent les juges de St-Gall. De telles activités non liées à la conduite d'un train peuvent avoir de graves conséquences pour la sécurité des passagers.
Ainsi le lien de confiance avec son employeur a été rompu et le licenciement avec effet immédiat était justifié, a conclu le TAF. L'arrêt n'indique pas quelles étaient la gare et la ligne concernées. L'arrêt ne précise pas le titre du livre. (ag/ats)
