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Pourquoi la météo se plante si souvent sur la pluie

Tout le monde veut savoir quand il peut, ou quand il ne pleut pas. En médaillon: Urs Graf.
Tout le monde veut savoir quand il peut, ou quand il ne pleut pas. En médaillon: Urs Graf.Keystone

Pourquoi la météo se plante si souvent sur la pluie

Il devrait pleuvoir dimanche. Mais sera-ce vraiment le cas? Les prévisions sont souvent erronées pour les précipitations que pour les températures. On fait le point avec un expert.
15.08.2026, 11:5615.08.2026, 12:06
Yann Lengacher
Yann Lengacher

La météo a été au cœur de l'actualité suisse cet été, entre canicules et épisodes orageux. Mais il peut arriver que les météorologues se trompent, ce qui mène souvent à la colère des usagers des applications météo. Le météorologue Urs Graf, de l’Office fédéral de météorologie et de climatologie MétéoSuisse, nous explique pourquoi.

Les météorologues se trompent parfois. Vous êtes-vous déjà agacé de vos prévisions de pluie, quand celles-ci étaient fausses?
Urs Graf: En météorologie, il arrive fréquemment de se tromper. Je dois moi aussi faire avec. Les précipitations sont beaucoup plus difficiles à prévoir que les températures. Mais ces derniers temps, nous avons fait peu de prévisions de pluie, donc logiquement, on ne s'est pas trompé.

Pourquoi les précipitations sont-elles si difficile à prévoir?
La température dépend d’un très petit nombre de facteurs. La pluie et les autres formes de précipitations résultent en revanche de plusieurs processus complexes. Pour établir nos prévisions, nous, météorologues, travaillons avec des modèles qui simplifient ces phénomènes.

«Le risque de nous tromper est donc plus grand lorsqu’il s’agit de précipitations»

Comment fonctionne un modèle de prévision des précipitations?
Différentes données entrent en jeu: des observations, mais aussi des lois physiques. La température est importante, tout comme la répartition de l’humidité dans l’atmosphère. Enfin, la présence de forts courants ascendants est déterminante. Sans eux, un orage ne peut pas se former. Nous analysons tous ces processus sous une forme simplifiée. Une prévision comporte donc toujours un risque d’erreur. Et il faut encore tenir compte d’un autre élément...

Lequel?
Il est difficile de prévoir quand un orage va se produire, mais aussi et surtout là où il va éclater. Les modèles météorologiques permettent d’établir des prévisions pour certaines zones, mais pas au mètre près. C’est un peu comme lorsqu’on fait bouillir de l’eau. On sait que des bulles vont se former et remonter à la surface, mais pas exactement à quel endroit de la casserole. Cela dit, la notion même d’erreur reste subjective, quand on parle de prévisions.

Que voulez-vous dire?
Imaginons que vous consultiez votre application météo chez vous. Elle annonce des précipitations au-dessus de votre logement, mais la pluie tombe en réalité trois kilomètres plus au sud. Vous considérerez peut-être qu’il s’agit d’une erreur de prévision. D’un point de vue météorologique, la prévision est pourtant correcte, puisque la pluie est tombée dans la bonne zone.

Cette année est exceptionnellement sèche. Cela rend-il plus difficile l’établissement de prévisions fiables pour les précipitations ou les températures?
Oui. En raison de la sécheresse persistante, les températures ont souvent été prévues un à deux degrés trop basses. Cette sécheresse explique aussi en partie certaines erreurs dans les prévisions d’orages: après avoir franchi les Alpes, ceux-ci se désagrégeaient fréquemment sur le Plateau. A cause de la sécheresse, les orages ne pouvaient souvent pas y puiser suffisamment d’humidité dans l’air. Ils manquaient donc de «nourriture», si on peut dire.

Ces derniers jours, le terme de «perturbation» a souvent été employé à propos de la météo. Que signifie-t-il?
Il désigne généralement un front occlus ou un front froid, autrement dit la zone située entre une masse d’air froide et une masse d’air plus chaude. Dans le jargon technique, on parle dans ce type de situation d’«occlusion». Le terme de «perturbation» en est une formulation simplifiée.

Les prévisions météorologiques sont-elles devenues plus précises ces dernières années?
Oui, absolument. Les statistiques des dernières années montrent que la période durant laquelle les prévisions sont fiables s’allonge d’un jour par décennie. Aujourd’hui, il est généralement possible de prévoir le temps de manière fiable plusieurs jours à l’avance. Avec les progrès de l’intelligence artificielle, on peut s’attendre à de nouveaux bonds qualitatifs dans les prévisions météorologiques. Mais il ne faut jamais l’oublier: la météo est un système chaotique.

«Les prévisions auront toujours leurs limites»

Il devrait enfin pleuvoir dimanche après une longue période sans précipitations. Dans quelle mesure êtes-vous certain que cette prévision se réalisera?
Il est très probable que les fortes chaleurs prennent fin ce week-end. Il y aura des précipitations, mais pas en grandes quantités et probablement pas partout. Je ne parlerais donc pas d’un véritable changement. La semaine prochaine, nous retrouverons des températures estivales normales, autour de 25 degrés Celsius.

(adapt. dal)

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