Crise à la Comédie de Genève: la justice rend une décision importante
Dans un arrêt du 27 juillet, la Chambre pénale de recours du canton de Genève donne raison au ministère public et tort à Séverine Chavrier, a appris watson ce jeudi. Le 23 avril, assistée de son avocat, Me Romain Jordan, celle qui dirigeait encore la Comédie de Genève avait recouru contre une ordonnance de non-entrée en matière prononcée le 9 du même mois par la procureure Elsa Studer.
Cette ordonnance valait classement de la plainte contre X pour calomnie et diffamation déposée par Séverine Chavrier le 21 janvier. D’où l’appel interjeté contre la décision du ministère public et son rejet, à présent, par une chambre composée de juges.
Dans leur arrêt, dont watson a obtenu copie, les juges estiment que l’ensemble des arguments portés à leur connaissance par voie de recours ne constitue pas une atteinte à l’honneur de Séverine Chavrier et qu’il n’y a pas lieu, en conséquence, de retenir les chefs de calomnie et de diffamation.
Les arguments de la chambre pénale de recours
Suivant l’avis exprimé par le ministère public, qui s’appuyait sur la jurisprudence fédérale pour justifier du classement de la plainte, la Chambre pénale de recours affirme que les propos et formulations que la plaignante estime attentatoires à son honneur et à sa réputation relèvent du «domaine des activités professionnelles».
Dans ce domaine-là, écrivent les juges dans leur arrêt, «il ne suffit ainsi pas de dénier a une personne certaines qualités, de lui imputer des défauts ou de l’abaisser par rapport à ses concurrents. En revanche, il y a atteinte à l'honneur, même dans ces domaines, si on évoque une infraction pénale ou un comportement clairement réprouvé par les conceptions morales généralement admises.»
Fausses accusations et vraie diffamation, selon l'avocat
Justement, dans son recours interjeté le 27 avril au nom de Séverine Chavrier, Me Romain Jordan pointait des accusations visant le travail et l’attitude présumés de Séverine Chavrier, accusations possiblement constitutives de l’infraction d’atteinte à l’honneur de sa cliente, en ce qu’elles pouvaient laisser entendre qu’elle s’était rendue coupable de «gestion déloyale» et d’«atteinte à l’intégrité physique» du personnel, actes pénalement répréhensibles.
Dans sa plainte du 21 janvier, la directrice de la Comédie de Genève, licenciée le 8 mai par son employeur, la Fondation d’art dramatique de Genève (FAD), contestait et attaquait en retour ces accusations anonymes, parues dans la presse ou émanant de la sphère syndicale, faites dans le seul but de lui nuire, dénonçait-elle.
«PPSDM»: non attentatoire lui non plus
En outre, pas plus que le ministère public, la chambre pénale de recours n’a jugé diffamatoire et par conséquent digne de poursuites pénales, la publication dans la presse de l’acronyme infamant «PPSDM», pour «petites productions suisses de merde», prêté à tort à Séverine Chavrier et la faisant passer pour une personne méprisante, en particulier envers la production théâtrale suisse – Séverine Chavrier est franco-suisse.
Là aussi, les juges, à la suite de la procureure, estiment que cet acronyme, dont la Tribune de Genève avait rendu compte dans un article du 22 octobre 2025 mettant le feu aux poudres, relève du domaine socio-professionnel et n’est donc pas constitutif d’une infraction pénale.
Dans son recours au nom de sa cliente, Me Jordan affirmait l’inverse:
La publication dans la presse de l’acronyme «PPSDM» avait été accueilli sur les réseaux sociaux par de nombreux commentaires sexistes et xénophobes, en l’occurrence antifrançais, à l'encontre de Séverine Chavrier.
La réaction de l'avocat de Séverine Chavrier
Joint par watson, Me Jordan réagit à l'arrêt de la chambre pénale de recours déboutant sa cliente:
