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G7: la Suisse, le dindon de la farce? «For sure!»

Parmelin, Macron et un dindon.
Macron sourit, Parmelin réfléchit, le dindon a compris.Image: montage watson
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G7: La Suisse, le dindon de la farce? «For sure!»

Emmanuel Macron aura son G7 à Evian. La Suisse, elle, héritera d'une grande partie de la facture, des contraintes sécuritaires et de quelques miettes protocolaires. De quoi s'interroger moins sur l'attitude française que sur l'étonnante docilité helvétique.
12.06.2026, 16:5212.06.2026, 16:52

Il y avait quelque chose d’un peu désolant à assister, ce jeudi, à la conférence de presse des autorités suisses sur le dispositif sécuritaire du G7 d’Evian-les-Bains. Non pas à cause des mesures annoncées, impressionnantes à plus d’un titre, mais parce qu'elle a surtout donné à voir l’impuissance d’un pays qui semble incapable de faire entendre sa voix lorsque son grand voisin lui impose ses choix.

Au pupitre, les aveux d’impuissance se sont succédé avec une franchise presque déconcertante. D’abord, ceux de l’ambassadeur Alain Gachen, délégué du Conseil fédéral pour le G7.

«La Suisse a demandé depuis le départ que la France assume ses responsabilités, notamment financières. Force est de constater qu’aucun accord n’a été trouvé.»
Alain Gachen, ambassadeur

Puis, ceux de la conseillère d’Etat genevoise Carole-Anne Kast, qui reconnaissait à son tour que Genève «restait sur sa faim» tant sur l'organisation d'une manifestation anti-G7 en France que sur le partage de l'addition.

Le message est limpide comme l’eau d’Evian: la Suisse a demandé, la France a dit non. Fin de la négociation.

Macron impose, la Suisse dispose

Emmanuel Macron a obtenu ce qu’il voulait. «Son G7» se tiendra à Evian, à quelques kilomètres de la frontière helvétique. Ni à Paris, ni sur la côte basque comme en 2019, mais sur les rives du Léman. Un décor de carte postale avec un avantage non négligeable: une large partie des contraintes logistiques et sécuritaires retomberont sur son petit voisin.

Les délégations atterriront à Genève. Les forces de police et l’armée seront mobilisées. Les autorités cantonales devront gérer les conséquences d’un événement qu’elles n’ont ni choisi, ni organisé. Sans compter les commerçants genevois qui ont dû, à la hâte et à leurs frais, protéger leurs vitrines.

Une facture salée et quelques miettes

Impossible aujourd'hui d'en chiffrer précisément le coût. Mais personne ne doute que la facture sera salée. Très salée même. Lors du G8 d'Evian en 2003, les dépenses de sécurité avaient déjà atteint 40 millions de francs. Paris en avait assumé 18. Même pas la moitié. Vingt-trois ans plus tard, dans un contexte sécuritaire infiniment plus tendu, l'addition promet d'être autrement plus lourde.

Pour quelle récompense? Comme pour mieux souligner son statut de figurante, la Suisse devra se contenter de quelques miettes protocolaires. Le président de la Confédération Guy Parmelin sera invité à participer à certains "segments" du sommet. La belle affaire!

Cette générosité toute relative en dit long sur la considération accordée aux préoccupations helvétiques. Mais pourquoi la France agirait-elle autrement?

Depuis le début du dossier, Berne et Genève protestent, insistent, puis finissent par s’adapter. Paris l’a parfaitement compris. La Suisse fera ce qu’elle fait toujours: trouver une solution

Le problème n’est pas français

C'est peut-être cela qui dérange le plus dans cette affaire. Non pas l'attitude française, qui défend sans surprise ses intérêts, mais la facilité avec laquelle la Suisse semble renoncer à défendre les siens. Comme si elle s’excusait d’exister.

Pourtant les moyens de tenir tête à ce voisin existent. Plusieurs élus fédéraux ont déposé des interventions ces derniers jours et le conseiller national Vincent Maitre (Le Centre/GE) évoque déjà la possibilité de compenser les coûts du G7 sur les montants rétrocédés chaque année à la France au titre de l'impôt des frontaliers. Avec plus de 400 millions de francs en jeu, Genève dispose d'un argument autrement plus convaincant que des protestations polies.

Reste à savoir si quelqu'un aura le courage de s'en servir. Car Emmanuel Macron ressemble finalement à ce copain encombrant et malpoli que tout le monde connaît. Celui qui débarque pour le week-end avec son baluchon, monopolise le canapé, vide le frigo, utilise toutes les serviettes de bain et repart le dimanche soir sans proposer de participer aux courses.

Et pendant que le président français savoure son G7 au bord du Léman, la Suisse reste dans la cuisine à faire les comptes.

Le dindon de la farce? «For sure!»

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