Rassemblement en soutien aux victimes de l'ex-élu UDC
Le rassemblement a été organisé par les Femmes socialistes du canton d'Argovie et soutenu par d'autres groupes. De nombreuses femmes, jeunes et moins jeunes, étaient présentes, ainsi que des hommes de tous âges.
Le rassemblement s'est tenu à Untersiggenthal, commune du district de Baden où résidait l'accusé, un ancien député de l'UDC au Grand Conseil. Cet homme de 57 ans est en détention préventive depuis trois ans.
Enquête exigée
Dans une ambiance à la fois calme et déterminée, les manifestants portaient des pancartes proclamant notamment: «La protection coûte de l'argent, la violence coûte des vies» ou encore «Détourner le regard, c'est comme avoir honte».
Les participants ont exprimé leur solidarité avec les victimes. «Nous sommes au côté de chaque femme victime de violence», a déclaré Damaris von Arx, des Femmes socialistes du canton d'Argovie.
Les manifestants ont également exigé une enquête approfondie et transparente et un renforcement de la protection des victimes. Pour la députée Mia Jenni, coprésidente du groupe parlementaire du PS au Grand Conseil, il faut davantage de protection pour les victimes, en particulier pour les migrantes qui craignent pour leur statut de séjour.
Remerciements d'une mère
Deux des victimes étaient également présentes, une mère et sa fille qui vivaient avec l'accusé. Ces deux ressortissantes polonaises avaient raconté leur calvaire aux journaux du groupe Tamedia. Elles ont été longuement applaudies par la foule pour leur courage.
La mère a remercié les personnes présentes, également au nom de sa fille, pour leur soutien. Elle a dit vouloir demander de l'aide, non pas sous forme d'argent, mais de temps et d'attention. Elle souhaite aider d'autres femmes se trouvant dans la même situation.
Un an après l'arrestation du député, l'Office cantonal des migrations avait ordonné l'expulsion des deux femmes, qui dépendaient de l'aide sociale versée par la commune. Un recours contre cette décision est pendant devant le tribunal administratif.
Le conseiller d'Etat en charge du dossier, Dieter Egli, a déclaré dans les médias que la suite de la procédure serait réexaminée et réévaluée dans le cadre de cette procédure. L'édile socialiste a reconnu que les victimes n'avaient pas reçu l'aide à laquelle elles auraient dû avoir droit.
Perpétuité requise
Le Ministère public argovien a requis une peine d'emprisonnement à perpétuité à l'encontre de l'ancien député UDC. L'homme est accusé d'avoir drogué à plusieurs reprises la mère et sa fille, alors mineure, ainsi qu'une troisième femme afin d'abuser sexuellement d'elles. Il aurait filmé ces actes.
Le quinquagénaire est notamment accusé de multiples tentatives de meurtre, de multiples viols aggravés et d'abus sexuels, ainsi que de multiples actes sexuels avec des enfants. (sda/ats)
