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La décision de la CEDH est un phare climatique

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La Suisse a pris une baffe et c'est un signal pour le monde

Greta Thunberg et Rosemarie Wydler-Wälti, une des coprésidentes des Aînées pour le climat, ce mardi, à Strassbourg.
Greta Thunberg et Rosemarie Wydler-Wälti, une des coprésidentes des Aînées pour le climat, ce mardi, à Strassbourg.Keystone
La décision de la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire des Aînées pour le climat a une portée mondiale, mais en fin de compte, elle signifie peu pour la Suisse.
09.04.2024, 16:5509.04.2024, 16:55
Benjamin Rosch / ch media

La Suisse n'a pas beaucoup d'expérience avec les arrêts révolutionnaires de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Comment pourrait-il en être autrement, alors que le pays se classe régulièrement en tête des classements internationaux sur le respect des droits fondamentaux? Il faut pas mal rembobiner pour retrouver un jugement marquant dont on ressent encore aujourd'hui les effets: 1994. Cette année-là, la CEDH accorde aux femmes et aux hommes mariés le même droit quant au choix de leur nom de famille.

Et c’est précisément parce qu'il est exceptionnel, au sens premier du terme, que le jugement obtenu par les Aînées pour le climat constitue un phare: non seulement pour la Suisse, mais aussi pour le monde entier. Pour la première fois, un tribunal international a fait de la protection du climat un droit humain. Quiconque rejette cette décision en l'accusant d'être politique ou en remettant en question les compétences de la Cour vis-à-vis de la Confédération dévalorise l'ensemble du système judiciaire et des droits humains.

Comme avec cette prise cette position 👇

Cependant, les phares ne font qu'éclairer. Le procès des Aînées pour le climat a été un show médiatique orchestré de main de maître qui, dès le départ, a misé sur la force symbolique de la décision attendue. Car, dans les faits, la Suisse ne modifiera pas d'un iota sa législation sur le climat à cause de ce seul arrêt. La décision en question a, en effet, la même force contraignante que les accords sur le climat que le Conseil fédéral signe à Paris ou à Kyoto:

  • L'un se résume à «Nous devrions faire plus».
  • L'autre à «Vous auriez dû faire plus».

Dans une démocratie directe comme la nôtre, de telles déclarations n'ont de valeur que celle que la population leur accorde en fin de compte à travers des propositions concrètes. Reprenons notre exemple du droit du nom: le privilège patriarcal n'a été officiellement aboli qu'en 2013 bien après l'arrêt de la CEDH – et la discussion sur les noms doubles continue d'occuper le Parlement. La prochaine occasion de se prononcer sur la protection du climat se présentera ce 9 juin, lorsque la Suisse se prononcera sur une nouvelle loi sur l'électricité.

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