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Alain Berset fait le malin | Commentaire

Alain Berset s'est montré plus qu'à l'aise pour sa première intervention face aux journalistes.
Alain Berset s'est montré plus qu'à l'aise pour sa première intervention face aux journalistes.Image: keystone
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Berset fait le malin

Notre conseiller fédéral fribourgeois favori est venu brièvement s'exprimer devant la presse au sujet des Covid-leaks. Une performance de maîtrise et d'aisance. Mais il peut se le permettre.
25.01.2023, 18:4726.01.2023, 12:10
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Il est venu à l'heure, empli de stature et de présence, sa voix n'a pas tremblé — du tout. Alain Berset s'est montré plus qu'à l'aise pour sa première intervention face à un panel de journalistes venus le questionner sur l'affaire des Covid-leaks.

L'échange n'a pas duré long. Le ministre est avant tout venu pour parler de l'initiative sur les soins hospitaliers, mais devant les attentes, s'est résolu à partir de l'affaire qui le concernait en premier lieu. Il s'est tenu à ses arguments, expliquant qu'il restait à disposition de l'enquête des commissions de gestions et faisait confiance aux institutions. Au niveau du fond, tout est sous contrôle.

Du grand Berset

Mais c'est dans la forme, qu'on a pu voir Berset prendre un plaisir certain. Communication maîtrisée, regards joueurs et sourires de séducteur en coin pour éluder les questions délicates avec panache: c'est du grand Berset auquel on a assisté ce mercredi.

Son langage verbal comme non-verbal était impeccable, presque suave. D'autres diraient que le Fribourgeois s'est montré suffisant et intouchable. On savait le conseiller fédéral maître de son image, mais là, au milieu de la tempête médiatique, il faut avouer que son aisance et son savoir-faire communicationnels se sont révélés impressionnants.

Sans peur...

Les multiples questions des journalistes n'y ont rien changé, que le Fribourgeois soit secondé par le porte-parole du Conseil fédéral, André Simonazzi, ou qu'il réponde seul. Alain Berset, sans peur et sans reproches, n'a rien laissé ni passer, ni paraître.

En clé de voûte, la petite pique lancée aux journalistes alors qu'il s'extirpait du bourbier médiatique sans aucune tâche sur son costume:

«Je dois vous dire, mesdames et messieurs, être très heureux de voir autant d'intérêt pour cette initiative sur les soins infirmiers...»
Alain Berset, à l'issue de ses justifications sur les Covid-leaks

Il faut dire que le ministre n'a, pour l'heure, rien à craindre. L'enquête qui doit avoir lieu, menée par une poignée de parlementaires des commissions de gestion, ne portera pas sur les preuves saisies sur les appareils de Peter Lauener, sous le coup d'une enquête pénale.

...et sans reproches?

En effet, le procureur extraordinaire de la Confédération, Peter Marti, est lui-même poursuivi par l'ex-chef de communication de Berset pour «abus de pouvoir», ce qui bloque la diffusion des preuves collectées. C'est l'issue de cette deuxième enquête pénale, qui pourrait servir de véritable détonateur dans toute cette affaire.

Autrement dit: l'enquête de la commission de gestion est bordée par des limites définitives qui échappent à son contrôle. Alain Berset, qu'il ait quelque chose à se reprocher ou pas, peut se permettre d'affronter les médias sans trembler.

Que se passerait-il si les preuves sous scellés étaient libérées? Si le vent venait à tourner, ce serait un tout autre genre de conférence de presse auquel nous pourrions assister.

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