Il y avait «14 caméras de surveillance» à l’intérieur du Constellation
Près de deux semaines après le tragique incendie de Crans-Montana, durant lequel 40 personnes ont perdu la vie et 116 ont été sérieusement blessées, les questions s’accumulent et tous les regards sont désormais tournés vers la justice valaisanne.
Alors que l’enquête continue, Le Temps a pu se procurer le dossier d’instruction provisoire, dans lequel on trouve «témoignages, photos et rapports».
Jusqu’ici, une dizaine de personnes ont déjà été entendues par les enquêteurs, dont le couple Moretti, gérants du bar Le Constellation et dont l’homme est actuellement en détention provisoire. Dans ce dossier, on en apprend notamment davantage sur les sorties de secours, les extincteurs ou la fréquentation du bar durant la tragédie.
Les premiers éléments de l’enquête suggèrent que l’un des deux agents de sécurité, posté à l’entrée du Constellation, est allé rejoindre son collègue au sous-sol «dès les premières alertes».
Le dossier précise également que «onze images de caméras de vidéosurveillance prises moins de 5 minutes avant le drame soutiennent cette description d’un sous-sol loin d’être plein», au moment du drame. Une description faite par Jessica Moretti. Des informations qui interrogent Le Temps, au vu du bilan de l’incendie qui a atteint 156 personnes.
Une question phare étant également la vérification de l’âge des clients, puisque l’incendie a fait huit victimes âgées de moins de 16 ans, rappelle Le Temps.
L’âge des clients
Durant son audition, Jacques Moretti assure que les employés du bar étaient chargés de contrôler l’âge des clients. Les personnes de 16 à 18 ans devaient «être accompagnées d’un majeur» et ne pouvaient consommer «que du champagne et pas d’alcools plus forts».
Plusieurs clients confirment les contrôles:
Les bougies étincelantes
Jessica a déclaré aux enquêteurs qu’au «moment du départ de l’incendie, nous venions d’utiliser une dizaine de scintillants», que l’Institut forensique de Zurich (FOR) décrit comme «présentant un risque très faible, destinés à être utilisés dans des espaces clos». Des témoins confirment que l’incendie a démarré peu après le service à ces deux tables.
Ces bougies sont-elles formellement à l’origine du drame? Si Jacques Moretti avait déjà fait mention de son scepticisme, Le Temps précise que le FOR «n’avait pas encore de réponse à cette question» après sa première expertise. Sans oublier que l’enquête doit encore déterminer si les mousses acoustiques installées au plafond étaient conformes.
S’agissant des équipements anti-incendie, le gérant affirme qu’il y avait quatre extincteurs. Sa compagne précise pour sa part qu’ils ont été contrôlés par «une entreprise spécialisée le 8 août 2025». Idem pour les indicateurs de sortie de secours, «au moins quatre» selon le gérant, qui ont également été contrôlés quelques mois avant le drame.
Si les caméras de surveillance ont déjà pu constater l’emplacement de certains objets, les témoins entendus affirment n’avoir rien vu. Enfin, Jacques Moretti confirme que les employés n’étaient pas spécifiquement «formés à la gestion d’événements, tel un incendie dans l’établissement».
(fv)
