Cette banque française aurait pris une mesure «rarissime» contre les Moretti
Alors que l’enquête pénale se poursuit après l’incendie du Constellation, qui a fait quarante morts et 116 blessés à Crans-Montana dans la nuit du Nouvel An, Le Canard enchaîné met en lumière un contraste entre la prudence d’une banque française et les prêts de plusieurs établissements suisses envers Jessica et Jacques Moretti, propriétaires de l’établissement et prévenus dans la procédure pénale.
Selon Le Canard enchaîné, le Crédit lyonnais aurait cessé, dès mars 2021, de financer les opérations immobilières du couple Moretti, après avoir découvert des garanties douteuses dans leurs dossiers. Confrontée à des retards de remboursement, la banque française aurait même suspecté de faux documents dans l’un des financements et exigé le remboursement intégral et anticipé de trois prêts, rapporte l’hebdomadaire.
Problèmes, salaires et pensions
Toujours selon Le Canard enchaîné, le Crédit lyonnais avait auparavant accordé 286 000 euros en 2015 pour l’achat d’un appartement à Paris, 625 000 euros en 2018 pour une villa à Solenzara, puis 200 000 euros supplémentaires en 2019 pour des travaux. En février 2022, la banque impose un protocole transactionnel, homologué par le tribunal judiciaire d’Ajaccio, une démarche qualifiée de «rarissime» par le journal.
Pour faire face aux exigences du Crédit lyonnais, les Moretti auraient dû vendre leur appartement parisien, écrit Le Canard enchaîné. Un nouvel échéancier aurait été ensuite mis en place, sur la base de revenus déclarés par le couple. Jessica Moretti aurait déclaré, selon les information du journal français, un salaire mensuel brut de 13 827 euros en tant qu’«employée du Constellation». Le Canard enchaîné précise que Jacques Moretti fait, lui, état d’une pension d’invalidité annuelle de 6873 euros, à laquelle s’ajoute une indemnisation complémentaire de la compagnie Generali de 31 241 euros par an.
Emprunt possibles en Suisse
Alors que le climat bancaire se durcissait en France, les financements se poursuivaient en Suisse. Selon Le Temps, les Moretti disposeraient d’actifs estimés à cinq millions de francs, dont environ quatre millions financés par des hypothèques, notamment auprès de la BCVs, d’UBS et du Cautionnement romand.
Ces éléments financiers s’inscrivent dans un dossier encore loin d’être bouclé. Les responsabilités pénales et civiles liées à l’incendie restent à établir, et d’éventuelles implications d’autres acteurs — autorités de contrôle, établissements financiers ou fournisseurs — font toujours l’objet d’investigations. A ce stade, aucune responsabilité n’a été définitivement retenue et le couple est présumé innocent. (jah)
