Le critique le plus redouté de France débarque en Suisse
«Y retournerai-je...?» Tous les restaurateurs de Paris tremblent à la perspective de cette voix douce prononcer calmement sa sentence. Si vous suivez François Simon sur Instagram, vous l'avez probablement en tête.
Dans le cas contraire, petite présentation: journaliste et critique culinaire de 73 ans, François Simon (qui, selon la légende, aurait inspiré le terrible critique Anton Ego dans le film Ratatouille) bat le pavé de la capitale française à la recherche de nouvelles adresses. Bistrots dans leur jus, concepts food douteux ou géniaux, fast-foods, hôtels historiques, destinations touristiques... Nul n'échappe au regard cinglant (mais souvent très juste) de François Simon.
C'est ainsi qu'au terme de chaque dégustation, le verdict tombe. Enrobé de douceur comme une noisette au chocolat, mais d'une dureté cinglante: y reviendra-t-il? «Oui». «Non». Sans entre-deux possible, comme le pouce brandi de César avant d'épargner ou de mettre à mort ses gladiateurs. C'est aussi délicieux que terrifiant.
Et comme un exemple vaut mille mots, voici son avis sur les cônes au chocolat remplis de boisson chaude.
François Simon à Bâle
Désormais, c'est à la petite Suisse de trembler devant le jugement du terrible François Simon. Le critique a partagé sur son compte Instagram une première vidéo chez les Helvètes ce mercredi, dans laquelle il livre ses premières impressions... ambiguës. «A Bâle, du 18 au 21 juin, ça va être Art Basel. Les musées, la Fondation Bayeler... Mais Bâle, c'est une drôle de ville», entame-t-il de son timbre calme et pénétrant.
Il poursuit, en citant le poète français André Suarès:
Le critique raconte ensuite sa surprise après avoir croisé des gens se promener dans la rue en maillot de bain. «Je me suis dit: Oh, why? Et donc, j'ai fais comme eux», raconte-t-il dans son reel.
Quelques heures plus tard, il dévoilait une seconde vidéo consacrée à son séjour dans la cité rhénane. Laquelle démarre au milieu de la gare, en direct de l'escalator.
«J'ai mis du temps à le comprendre, mais dans un voyage, il faut prendre le temps. Le perdre, aussi. J'arrive à Bâle, dans la gare centrale, j'essaie de prendre l'escalator lentement, d'admirer les fresques et d'aller sur le côté, vérifier, inspecter le sandwich que je prendrai sur le train du retour», entame le journaliste français, qu'on voit alors passer en revue les sandwichs de Migros de la gare CFF.
Ni une ni deux, le critique prend la direction du Rhin. «C'est ici que se trouve non seulement un très bon chocolatier, mais tout à côté, l'une des institutions européennes les plus désirées: ça s'appelle l'Hôtel des Trois Rois», explique-t-il.
«Ce qui est intéressant, c'est que, nouvellement, s'est installé, dans une nouvelle partie, un restaurant qui s'appelle Banks», poursuit le journaliste, en déplacement pour le média français Les Echos. «Il donne sur le Rhin, les tramways et propose une nourriture, bon... contemporaine. Passons.»
A défaut de livrer son avis sur le restaurant d'inspiration euro-asiatique de l'hôtel (qu'on aurait pourtant adoré connaître), François Simon joue avec la frustration son public, en empruntant plusieurs détours. «Ce qui nous importe, c'est d'être là. De savourer. D'imprégner la ville, là où l'on inventa en 1956 le caractère de typographie Helvetica», dit-il, avant de s'attarder plus longuement sur le spa de l'hôtel et le cours du Rhin.
«A demain», conclut-il dans le post publié ce jeudi. De quoi nous laisser frissonner encore quelques heures, avant un éventuel verdict sur les sandwichs de la Migros et le sens de l'hospitalité suisse.
