Novartis accumule les échecs et ça risque de lui coûter des milliards
Vasant Narasimhan, patron de Novartis, doit encaisser un nouveau revers. Le géant pharmaceutique bâlois a interrompu le développement clinique en phase 2 d’un médicament contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA). L’étude portait sur 251 patients.
Selon Reuters, le médicament, baptisé Lifonebart, n’a pas permis d’améliorer de manière significative le taux de survie ni de ralentir la progression de la maladie. Les chercheurs de Novartis espéraient que cette substance puisse stimuler certains processus dans le cerveau afin de protéger les cellules nerveuses et ainsi freiner l’évolution de la maladie. Novartis poursuit désormais les essais de ce médicament contre la maladie d’Alzheimer.
La SLA est une maladie incurable du système nerveux. Elle s’attaque aux cellules nerveuses qui commandent les mouvements musculaires. L’astrophysicien Stephen Hawking comptait parmi les personnes les plus célèbres atteintes de cette maladie.
La pression monte pour Novartis
L’arrêt de cette dernière étude constitue un nouveau revers en peu de temps pour Novartis. Au cours des deux dernières semaines déjà, deux médicaments prometteurs s’étaient révélés inefficaces lors d’essais cliniques.
Le premier échec concernait le Del-desiran, un traitement destiné à combattre une maladie musculaire génétique. Ce médicament n’a lui non plus pas atteint son objectif d’efficacité. Quelques jours auparavant seulement, Novartis avait également dû annoncer de mauvaises nouvelles concernant son médicament cardiovasculaire Pelacarsen. Celui-ci devait prévenir les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux chez des patients souffrant déjà de problèmes cardiaques. Or, la dernière étude clinique avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché a montré que les patients ne subissaient pas moins d’infarctus ou d’accidents vasculaires cérébraux.
La déconvenue est d’autant plus amère que Novartis avait déboursé des sommes considérables pour acquérir les deux substances. L’entreprise a même dépensé 12 milliards de dollars pour la technologie sur laquelle repose le Del-desiran. Cette opération à plusieurs milliards figure parmi les plus importantes de l’histoire du groupe.
Contrairement au médicament contre la SLA, qui aurait encore dû parcourir un long chemin avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché, les deux échecs annoncés précédemment sont survenus juste avant la ligne d’arrivée d’un long processus de développement. La déception des investisseurs a été à la mesure de ces revers et a entraîné une forte chute du cours de l’action.
La réaction en Bourse montre à quel point Novartis est actuellement sous surveillance. Et ce n’est pas un hasard: avec un autre nouveau traitement, les deux médicaments qui ont échoué devaient générer jusqu’à 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. Ils devaient permettre à Novartis de continuer à croître jusqu’en 2030 et au-delà, malgré l’expiration de brevets représentant plusieurs milliards. Au cours des cinq prochaines années, Novartis vise une hausse de son chiffre d’affaires de 5 à 6%. Par la suite, les ventes devraient progresser à un rythme annuel inférieur à 10%.
Les objectifs de croissance restent-ils atteignables après ces revers? C’est la question que se posent actuellement les observateurs du marché. Une chose est sûre: Novartis a besoin rapidement de résultats de recherche positifs pour restaurer la confiance dans sa stratégie. (trad. hun)
