Tamedia: les journalistes défient leur direction et annoncent un débrayage
Jeudi à 11h, les employés de Tamedia prévoient de débrayer à Genève, Lausanne, Zurich, Berne et Bâle. La mobilisation a été votée mardi 3 novembre par le personnel, selon un communiqué des sociétés de collaborateurs du groupe en Suisse romande, publié mercredi. C'est donc une mobilisation nationale d'une ampleur inhabituelle, qui réunira simultanément les rédactions romandes et alémaniques du groupe.
En effet, d'ordinaire les employés des deux côtés de la Sarine s'activent sans concertation. Le syndicat syndicom et l'association professionnelle impressum soutiennent le mouvement et participent à son organisation.
Au cœur de la colère: le licenciement de deux représentants du personnel. Les signataires y voient des mesures de «rétorsion» liées à leur engagement dans les discussions sur les économies prévues par le groupe. Ils accusent la direction de chercher à affaiblir la Coordination des rédactions. Selon eux, des candidatures au départ volontaire auraient pourtant permis de préserver ces deux postes. Les employés réclament leur réintégration.
Un vote de défiance
Le plan social est un autre point de discorde. Le personnel reproche à Tamedia de refuser de laisser aux collaborateurs concernés le choix entre une prolongation du délai de congé et une indemnité de départ, ainsi que de ne pas maintenir certaines mesures négociées en 2024 pour les personnes au chômage en fin de droit.
Selon le communiqué, 13 licenciements touchent les rédactions cette année, après 25 postes supprimés en Suisse romande en 2024.
Mardi, une motion de défiance envers les dirigeants Simon Bärtschi et Jessica Peppel-Schulz a recueilli 77 voix favorables, 2 contre et 4 abstentions en Suisse romande. En Suisse alémanique, une motion semblable a obtenu 124 voix pour, 7 contre et 15 abstentions.
Le communiqué ne présente pas la position de la direction de Tamedia sur ces accusations. (jah)
