Le Conseil des Etats valide l'accord avec le Mercosur
Le Conseil des Etats a délié les cordons de la bourse pour faire passer l'accord avec le Mercosur. Il a validé lundi une enveloppe de 517 millions en soutien à l'agriculture suisse. Les sénateurs espèrent ainsi faire aboutir le traité au National, qui l'avait rejeté en juin.
L'enveloppe de 517 millions s'étale entre 2028 et 2033. Elle fait office de compromis. Le Conseil fédéral avait annoncé le printemps dernier une aide ponctuelle de 158 millions pour compenser les pertes engendrées.
La branche agricole, elle, avait exigé 880 millions entre 2028 et 2035 au National. Sa proposition avait finalement été refusée. L'accord avait ensuite été rejeté de justesse au vote final. La gauche avait joué un rôle dans cet échec. Elle avait voté non après avoir vu toutes ses propositions pour lutter contre la déforestation et le travail forcé refusées. Ces même propositions ont à nouveau été rejetées au Conseil des Etats lundi.
Tarifs avantageux
Le traité conclu l'année dernière entre l'AELE, dont fait partie la Suisse, et le bloc sud-américain Mercosur doit permettre des économies de 150 millions de francs par année en droits de douane. Les exportations suisses bénéficieront de tarifs avantageux.
La Suisse doit en contrepartie importer des contingents sud-américains. Davantage de viande et de vin d'Argentine, du Brésil, d'Uruguay et du Paraguay se retrouveront sur sol helvétique. De quoi faire craindre aux agriculteurs pour leur activité et aux défenseurs de l'environnement pour le climat.
L'accord revêt un intérêt primordial dans le contexte actuel de protectionnisme, a rappelé Benedikt Würth (Centre/SG) pour la commission. Certes, le marché agricole est sous pression, mais il bénéficie aussi de l'accord pour ses exportations, a indiqué le sénateur.
Les secteurs du fromage, du café, des biscuits et du chocolat profitent de l'ouverture du marché avec le Mercosur, a appuyé le ministre de l'Economie Guy Parmelin. Des avantages minimisés par la gauche.
Les exportations vers le bloc d'Amérique latine sont «très marginales». Elles représentent 1 à 1,5% du volume total, a expliqué Carlo Sommaruga (PS/GE). Mais le président de la Confédération veut aller vite. «Le temps joue contre nous», a-t-il dit. Plus le temps passe, plus la Suisse se retrouvera pénalisée, les taxes douanières appliquées à l'UE diminuant d'année en année depuis la mise en vigueur de son accord avec le Mercosur ce printemps.
Le vote repart au Conseil national
Le vote à l'issue des débats a été clair: 35 voix contre 7 et 3 abstentions. Tout se joue désormais au National et son puissant lobby agricole. La Chambre du peuple doit se prononcer mercredi.
La population aura certainement le dernier mot. Les menaces de référendum planent déjà.
(ats/acu)
