Chômage: voici à quoi s'attendre en Suisse
C'est Sunrise qui ouvre le bal, en cette nouvelle année. L'opérateur de télécommunications prévoit en effet de supprimer jusqu'à 190 postes, donnant ainsi suite à la vague d'annonces de réductions d'effectifs faite fin 2025. Les licenciements devraient intervenir «probablement en février et mars 2026», indique la société de télécommunications.
Les nombreuses suppressions de poste annoncées ces derniers temps par plusieurs entreprises suisses se reflètent en effet dans les statistiques de la Confédération.
Au cours de l'année dernière, le taux de chômage (après corrections) a progressé de 2,7% en janvier à 3% en décembre, comme l'a annoncé vendredi le Secrétariat d'Etat à l'Economie (Seco). Sur l'ensemble de l'année 2025, ce taux s'établit à 2,8% — soit une hausse de 0,4 point de pourcentage par rapport à 2024.
Cette évolution s'inscrit dans la lignée d'une tendance observée depuis 2023 déjà, notamment dans l'industrie. Et le taux de chômage devrait encore augmenter, au moins jusqu'à l'été prochain, souligne Jérôme Cosandey du Seco. Autrement dit: Sunrise ne sera sans doute pas la seule entreprise à supprimer massivement des emplois en 2026.
Légère remontée fin 2026?
Les experts espèrent une légère reprise économique durant le second semestre de 2026, ce qui devrait quelque peu détendre la situation sur le marché de l'emploi.
En moyenne, le Seco table sur un taux de chômage de 3,1% pour 2026. Compte tenu des tensions géopolitiques (notamment avec les droits de douane américains), et de la forte nervosité des marchés, ces prévisions restent cependant très incertaines, ajoute Cosandey.
Avec ce 3,1%, le taux de chômage approcherait donc les niveaux atteints lors des précédentes crises – par exemple celle du Covid-19.
Des licenciements, mais aussi des emplois créés
La situation est «tragique» pour les personnes licenciées, reconnaît Cosandey. Tout en soulignant que, en Suisse, le risque de rester durablement sans emploi demeure finalement relativement faible. Car notre marché du travail est «très dynamique». Les entrées et sorties annuelles de l'assurance-chômage dépassent le nombre moyen de chômeurs recensés.
C'est-à-dire? L'an dernier, le nombre moyen de chômeurs sur l'année s'élevait à environ 214 000 personnes. 336 000 personnes se sont inscrites à l'assurance-chômage, tandis que 313 000 en sont sorties.
Cette «dynamique», selon Cosandey, permet aux gens de retrouver rapidement du travail – en moyenne après un peu plus de six mois. La moitié des chômeurs retrouve même un emploi après à peine plus de 4 mois. Et les jeunes sans emploi réussissent à réintégrer le marché du travail plus rapidement que leurs aînés.
