Suisse
Economie

La reconversion de la patronne du Seco inquiète le Parlement

Helene Budliger Artieda quittera le Seco en mars. Des élus exigent qu’elle clarifie les rumeurs lui prêtant un poste dans une entreprise suisse.
Helene Budliger Artieda aurait déjà préparé son avenir loin de Berne.Image: montage watson

Le futur job supposé de cette haute fonctionnaire inquiète à Berne

Selon certaines rumeurs, Helene Budliger devrait prendre un nouveau poste dès l’été 2027. Si elle devait rejoindre une entreprise suisse, des parlementaires fédéraux estiment qu’elle devrait démissionner immédiatement.
22.09.2026, 05:3622.09.2026, 05:36
Francesco Benini

Helene Budliger Artieda quittera la direction du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) à la fin mars 2027. Elle ne touchera aucune indemnité de départ. Urs Wiedmer, porte-parole du Département de l’économie, explique qu’il s’agit d’une «démission ordinaire».

Ces dernières années, les importantes indemnités versées à de hauts cadres de la Confédération contraints de quitter leur poste ont suscité de vives critiques. Le Parlement veut désormais les supprimer, sauf dans certains cas de rigueur. Mais ce n'est pas ce qui occupe les élus cette fois.

En effet, le départ annoncé d’Helene Budliger Artieda continue d’agiter Berne et les milieux économiques. Selon plusieurs sources, la patronne du Seco aurait déjà trouvé un nouveau poste. Même la date de son entrée en fonction serait connue: le 1er juin 2027.

Le Seco garde le silence

Ni le Secrétariat d’Etat à l’économie ni le Département de l’économie du président de la Confédération Guy Parmelin (UDC) ne répondent à la question de savoir si Helene Budliger Artieda prendra un nouveau poste et, le cas échéant, où.

Si ces rumeurs se confirment, la patronne du Seco se retrouverait dans une position délicate. Un départ à l’étranger soulèverait sans doute beaucoup moins de questions qu’un passage dans une grande entreprise suisse. Car les interactions entre le Secrétariat d’Etat à l’économie et les entreprises suisses sont nombreuses:

  • Questions de cartels et de concurrence.
  • Réglementation du marché intérieur.
  • Négociation d’accords de libre-échange.
  • Marchés publics.
  • Contrôle des exportations
  • ... et bien d’autres domaines encore.

Des conflits d’intérêts pourraient survenir dans ce contexte. Plusieurs parlementaires fédéraux estiment que si Helene Budliger Artieda s’apprête effectivement à prendre un poste à la direction d’une entreprise suisse, elle devrait quitter immédiatement la tête du Seco, et non attendre la fin mars 2027. Il faudrait éviter jusqu’à la simple apparence de partialité.

Aucun délai de carence prévu par la loi, également appelé «cooling-off period», ne s’applique aux hauts fonctionnaires de la Confédération qui rejoignent une entreprise privée.

La commission veut examiner une multitude de données

Des parlementaires fédéraux demandent donc à la patronne du Seco de clarifier rapidement la situation: soit elle dément les spéculations sur son arrivée prochaine dans une entreprise suisse, soit elle quitte le Secrétariat d’Etat plus tôt que prévu. La principale intéressée ne s’est jusqu’ici pas exprimée. Elle ne commente pas non plus les informations parues dans les médias sur les raisons possibles de sa démission.

Une chose est en revanche établie: le Seco a vu d’un mauvais oeil la volonté de la Commission de gestion de consulter non seulement des dossiers et des documents, mais aussi des e-mails, des SMS et des messages échangés sur WhatsApp et Threema. La commission enquête sur la gestion des autorités fédérales dans le cadre des négociations douanières avec les Etats-Unis en 2025. Et elle mène ses investigations plus en profondeur que certains ne l’avaient imaginé. (trad.)

L'initative sur la neutralité expliquée
Video: watson
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