Suisse
Economie

Les salaires stagnent et le chômage menace en Suisse

Argent suisse
Image: Shutterstock

Les salaires stagnent et le chômage menace en Suisse

L'indice des prix à la consommation (CPI), dont la publication est prévue jeudi, est attendu entre 0,0% et 0,2%. Une bonne nouvelle, malgré les droits de douane américains — mais à prendre avec des pincettes, précisent les experts.
07.01.2026, 11:5907.01.2026, 11:59

Ce renchérissement quasi nul témoigne d'une bonne santé économique du pays, toutefois fragile, selon les analystes.

«A côté de cette inflation à zéro, les prévisions sont plutôt bonnes, avec une croissance, en l'occurence réelle, attendue autour de 1%»
John Plassard de Cité Gestion

Et ce, en dépit d'une hausse des droits de douane aux Etats-Unis, passés d'un taux moyen de 0,7% à 15% en l'espace d'un an, rappelle l'expert.

Ces indicateurs sont un «signe de stabilité macroéconomique», abonde Arthur Jurus chez Oddo BHF Suisse, tout comme «le franc structurellement fort».

Pas question, donc, de bousculer cet équilibre.

«Il est peu probable que la Banque nationale suisse passe ses taux, actuellement à zéro, en territoire négatif»
Arthur Jurus chez Oddo BHF Suisse

Pas de récession en Europe non plus

Cette situation conduit plutôt à se laisser porter «par ces dynamiques, même molles. Ce contexte encourage plutôt l'institut d'émission à maintenir son cap, avec des interventions ciblées sur le front des devises, note Arthur Jurus, un cadre qui favorise l'attrait pour les actifs suisses» dans une logique de protection du capital à moyen et long terme.

D'autant plus que la situation semble se stabiliser en Europe également, en l'absence de récession et avec des indices des prix à la consommation en repli également. En Allemagne, l'inflation a ralenti plus fortement qu'attendu en décembre à 1,8% sur un an, selon des données publiées mardi. En France, le renchérissement s'est inscrit à 0,8% sur un an au cours de ce même mois.

Les salaires stagnent et le chômage menace

Reste que cette inflation quasi nulle en Suisse reflète également une demande atone, pointe John Plassard. Dans le même temps, «les salaires, du moins ceux qui sont indexés sur le renchérissement, n'augmentent pas».

La situation sur le marché du travail sera à surveiller ces prochains mois, car, même si le pays se trouve toujours dans une situation dite de plein emploi, le taux de chômage de 2,9% se rapproche du seuil de 3% au-delà duquel la consommation s'en retrouve affectée.

L'autre point sensible reste la question énergétique, «un choc exogène sur les prix pourrait venir troubler ce fragile équilibre», avertit John Plassard. Autrement dit, la Suisse n'est pas en surchauffe mais elle n'est pas non plus à l'abri d'un réveil venu de l'extérieur.

L'Office fédéral de la statistique (OFS) publiera l'indice CPI jeudi à 08h30.

(ats)

A$AP Rocky casse l’internet
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Le patron d'UBS évoque clairement l'éventualité d'un déménagement
Pour la première fois, Sergio Ermotti a abordé la possibilité que sa grande banque quitte la Suisse, selon un média américain. En cause: le bras de fer autour des exigences en fonds propres.
Lors d'une entretien avec des analystes, le patron d'UBS Sergio Ermotti a évoqué l'idée d'un éventuel départ de la plus grande banque de Suisse, selon un journaliste du groupe de média Bloomberg, mercredi. Jusqu'à présent, le dirigeant avait balayé les rumeurs de délocalisation, sans pour autant cacher tout le mal qu’il pensait du durcissement de la réglementation bancaire suisse. En particulier du projet du Conseil fédéral d’imposer à UBS une augmentation de ses fonds propres.
L’article