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Armée suisse: ce projet avec Elbit inquiète la Confédération

La Suisse aura son bataillon et son commandement cyber. Le Parlement a donn� son feu vert (illustration).
Les systèmes de communication de l'armée sont obsolètes. Leur remplacement par du matériel neuf s'avère problématique (photo d'archive).Keystone

L'armée suisse a encore un problème avec ce fournisseur israélien

Le Contrôle fédéral des finances voit de grands risques dans l’acquisition d’équipements radio pour un montant de 377 millions et exige de toute urgence des clarifications. Le fournisseur avait déjà causé des problèmes avec les drones de reconnaissance.
26.02.2026, 09:5226.02.2026, 09:52
Christoph Bernet
Christoph Bernet

Le Département de la défense a attribué deux contrats majeurs à l’entreprise israélienne Elbit Systems. A deux reprises, ces projets ont connu – ou connaissent encore – d’importants retards et des difficultés techniques.

L’acquisition de six drones de reconnaissance de type Hermes, lancée en 2008, est en grande partie achevée. Initialement, ils devaient être livrés et mis en service d’ici à fin 2020. Selon le calendrier actuel, la livraison des six appareils interviendra d’ici à fin 2026 et leur intégration complète au sein des Forces aériennes suisses est prévue d’ici à fin 2027.

Outre des difficultés d’approvisionnement liées à la pandémie de Covid-19 et à la guerre que mène Israël à Gaza, des exigences techniques particulières, particulièrement complexes, ont contribué aux retards. Le fabricant israélien Elbit n’a pas été en mesure d’y répondre.

Entre-temps, un abandon de l’acquisition a été envisagé. A l’automne 2025, l’Office fédéral de l’armement Armasuisse et Elbit se sont accordés sur la suppression de trois fonctions, ce qui entraîne des limitations opérationnelles. En contrepartie, Elbit assumera des travaux de maintenance supplémentaires. En cas de nouveaux retards, l’entreprise s’expose en outre à des pénalités contractuelles.

Un retard de trois ans

Mais le deuxième grand contrat attribué par le Département de la défense à Elbit est lui aussi en difficulté. C’est ce que montre un nouveau rapport du Contrôle fédéral des finances.

Il s’agit du projet «Remplacement de la communication mobile», inscrit dans le cadre du programme «Télécommunications de l’armée». En octobre 2019, l’Office fédéral de l’armement Armasuisse a attribué à l'entreprise israélienne un marché d’acquisition d’un volume de 377 millions de francs. L’achat porte sur des appareils radio, des systèmes d’interphonie embarqués et des casques-micros destinés à équiper quelque 1800 véhicules militaires.

Le Département de la défense a dû reconnaitre que cette acquisition se trouve dans une impasse. En raison de problèmes liés aux livraisons et à la qualité des produits, le projet «Télécommunications de l’armée» est classé depuis fin 2024 en rouge – c’est-à-dire insuffisant – dans l’évaluation interne du département. L’achèvement, initialement prévu pour fin 2032, accuse à ce stade un retard de trois ans. Le Département de la défense l’a confirmé il y a quinze jours.

Comme l’écrivent les contrôleurs fédéraux, sur la base de leur audit mené en août et septembre 2025:

«Il ressort de l’audit que les instruments de pilotage des contrats ont été améliorés dans le projet de remplacement de la communication mobile. Les défis non résolus avec le fournisseur engendrent toutefois des incertitudes fondamentales quant à la performance, au respect des délais et aux coûts.»

Le dossier précise que risques de nouveaux retards dans la collaboration avec Elbit ont certes été réduits, mais non éliminés. Les problèmes de qualité chez le fournisseur ne sont toujours pas résolus. Selon le Contrôle fédéral des finances, des charges supplémentaires sont à prévoir, avec les coûts correspondants.

Des tests encourageants pour l'armée suisse

Le Contrôle fédéral des finances avertit qu’il faut «de toute urgence des déclarations fiables» afin d’évaluer les conséquences pour d’autres projets. Les équipements de communication commandés à Elbit constituent en effet un élément central de la Nouvelle plateforme de numérisation (NDP) et doivent permettre la mise en place d’un réseau robuste et résilient de capteurs, de transmission d’informations, de conduite et d’effets (réseau SNFW).

En termes simplifiés, pour que le remplacement de l’infrastructure de communication obsolète de l’armée et des organisations civiles d’intervention puisse aboutir, des clarifications rapides sur l’acquisition auprès d’Elbit sont nécessaires.

La réunion de clôture de l’audit du Contrôle fédéral des finances avec les responsables de l’armée, du Département de la défense et d’Armasuisse a eu lieu début novembre. Depuis, des progrès auraient été accomplis. Comme le Commandement Cyber l’indique dans une note du 9 février, les tests techniques des équipements ont pu être achevés avec succès d’ici à fin 2025. Les résultats se situent «dans les tolérances admissibles» et font actuellement l’objet d’un traitement avec la fournisseur Elbit. D’autres essais en conditions d’engagement se poursuivent jusqu’à la mi-mars.

Une décision sur la suite de la procédure doit être prise d’ici à fin mars. Elbit réclame d’ores et déjà 50 millions de francs supplémentaires en raison du renchérissement exceptionnel. Cette demande devrait être réglée par un avenant au contrat d’acquisition existant. Affaire à suivre. (trad. hun)

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