Voici où l’écart salarial entre hommes et femmes est le plus grand en Suisse
La tendance à la réduction des écarts salariaux entre femmes et hommes se poursuit. De nouveaux chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS) montrent toutefois qu'en 2024, les femmes gagnaient encore 15,7% de moins que les hommes en Suisse.
Ces écarts se sont réduits de manière constante au fil des années. Ainsi, en 2022, les femmes gagnaient encore 16,2% de moins que les hommes. En 2020, ce chiffre s'élevait à 18%.
Une grande partie des écarts reste inexpliquée
Selon l'OFS, un peu plus de la moitié de cette différence entre femmes et hommes s'explique par des facteurs structurels: le niveau de formation, le nombre d'années de service ou le fait d'occuper ou non une fonction dirigeante.
L'autre petite moitié des écarts salariaux resterait en revanche inexpliquée. Une femme présentant le même profil structurel qu'un homme gagnait en moyenne 6,5% de moins en 2024. Cela représente 640 francs bruts par mois.
Pour la première fois depuis 2014, la part inexpliquée de ces écarts recule légèrement. Jusqu'en 2022, cette part n'avait cessé d'augmenter, atteignant 48,2% de l'écart salarial total. Elle se situe désormais à 46,9%.
Cet écart inexpliqué est, par exemple, influencé par l'âge. Chez les femmes de moins de 30 ans, il s'élevait à 2,2% en 2024, contre 8,3% chez les femmes de plus de 50 ans. L'état civil joue également un rôle: chez les célibataires, la différence inexpliquée atteignait 2,7%, contre 8,1% chez les personnes mariées.
L'OFS le souligne le fait que de telles caractéristiques permettent de décrire les écarts salariaux, mais ne peuvent, selon la loi sur l'égalité, les justifier.
L'influence de l'entreprise et de la hiérarchie
Dans les petites entreprises, l'écart salarial inexpliqué est particulièrement marqué. En effet, les entreprises comptant moins de 20 collaborateurs affichaient en 2024 une différence inexpliquée de 8,6%. Dans les entreprises comptant au moins 1000 employés, elle tombait à 5,8%.
Le niveau hiérarchique dans l'entreprise joue lui aussi un rôle: plus la position est élevée, plus l'écart salarial moyen est important. Les femmes sans fonction dirigeante gagnaient 6,1% de moins que les hommes occupant la même position, et les femmes des cadres supérieurs jusqu'à 12,4% de moins.
D'énormes différences dans le secteur privé
De manière générale, les écarts salariaux étaient en 2024 plus importants dans le secteur privé que dans le secteur public. Ainsi, dans l'économie privée, les femmes gagnaient en moyenne 6,5% de moins que les hommes occupant la même position. Auprès de la Confédération, des cantons et des communes, la différence s'élevait à 5,9%.
Concrètement, l'écart salarial inexpliqué dans le secteur privé représente 644 francs en moyenne en 2024. Cet écart varie toutefois fortement selon la branche: dans l'hôtellerie-restauration, une femme gagnait ainsi 191 francs de moins par mois qu'un homme présentant les mêmes caractéristiques. Dans le commerce de détail, la différence s'élevait à 606 francs, dans l'industrie des machines à 829 francs, et dans le secteur du crédit et des assurances à 1506 francs. (trad. ysc)
