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Les écarts salariaux dénoncés en Suisse

L'écart des revenus se creuse en Suisse depuis 2016, critique l'USS (image d'illustration)
Les femmes sont particulièrement affectées par cette perte de pouvoir d'achat (image d'illustration).Image: Shutterstock

«Alarmant»: les écarts salariaux dénoncés en Suisse

L'écart des revenus se creuse en Suisse depuis 2016, critique l'Union syndical suisse (USS). La faîtière dresse un bilan et appelle à que des mesures soient prises.
07.07.2026, 13:2007.07.2026, 13:20

Depuis dix ans, les bas et moyens revenus s'appauvrissent en Suisse, alors que les plus riches voient leurs salaires augmenter, dénonce mardi l'USS à l'occasion de la publication de son rapport sur la répartition 2026. Les femmes sont particulièrement affectées par cette perte de pouvoir d'achat.

Dans son rapport, l'Union syndical suisse (USS) dresse un bilan sévère de l'évolution des revenus en Suisse au cours de la dernière décennie. Les salaires réels de la classe moyenne ont stagné au cours entre 2016 et 2026. Cette situation contraste avec la période de 2006 à 2016, durant laquelle les salaires réels avaient augmenté de 0,9 % par an en termes réels, malgré la crise financière.

La productivité a également augmenté d’environ 1% par an ces dernières années, sans que cela ne se répercute toutefois sur les salaires. Ce sont surtout les employeurs et les actionnaires qui en ont profité, grâce à des marges plus élevées et à des distributions de dividendes, rapporte l'USS. Pour les salariés, il n’y a parfois même plus eu de compensation du renchérissement.

A l’inverse, les salaires du 1% des salariés les mieux rémunérés ont augmenté de plus de 16% depuis 2016.

Des écarts hommes-femmes «inexpliqués»

Ces pertes de pouvoir d'achat affectent particulièrement les femmes, note le rapport. Elles gagnent en moyenne 2000 francs de moins par mois que les hommes. Une femme sur deux gagne moins de 5000 francs, tandis que la moitié des hommes gagne moins de 7000 francs. «Il s'agit d'un écart alarmant», décrit le rapport.

Selon Daniel Lampart, coresponsable du secrétariat de l'USS et économiste en chef, cette différence s'explique d'une part par un taux d'occupation plus faible, les femmes assumant encore la majorité du travail non rémunéré.

Une autre partie provient de salaires plus bas dans les professions exercées par des femmes. Les quelque 500 francs restants restent «inexpliqués» car une partie de cette somme est «directement liée à la discrimination».

Cette situation a des conséquences directes sur le niveau de vie, lorsque qu'elles sont au chômage ou à la retraite «elles ont moins de prestations». «Cela se répercute tout au long de la vie», a déclaré mardi Lampart devant les médias à Berne.

Plus de 11% des femmes doivent recourir aux prestations complémentaires au moment de la retraite, une proportion qui augmente avec l'âge.

Primes et impôts en cause

Le rapport pointe également la charge croissante des primes d'assurance maladie, qui pèse lourdement sur les budgets des ménages à revenus bas et moyens. Cette charge n'est pas compensée par la politique fiscale, selon les syndicats.

Au contraire, une tendance aux baisses d'impôts s'observe dans de nombreux cantons depuis 2024. Ces allègements profitent principalement aux plus hauts revenus et creusent davantage les inégalités, déplore le syndicat. L'effet progressif de l'impôt direct est affaibli par l'effet régressif des primes maladie. En effet, elles sont identiques pour toute personne, quel que soit le revenu.

«C'est une évolution indésirable sur tous points», a indiqué Lampart. «La Suisse est devenue moins sociale au cours des 10 dernières années, surtout en ce qui concerne les salaires», a-t-il ajouté. Face à ces constats, l'USS réclame un revirement de la politique salariale et fiscale.

L'organisation demande que «la compensation automatique du renchérissement doit en outre redevenir la règle» dans les négociations salariales. Elle revendique que toute personne ayant achevé un apprentissage doit gagner au moins 5000 francs par mois à plein temps. Plus généralement, il ne devrait plus y avoir en Suisse de salaires inférieurs à 4500 francs par mois pour un plein temps.

Enfin, l'USS appelle les cantons à utiliser leurs marges de manoeuvre financières pour «réduire sensiblement les primes d'assurance-maladie plutôt que d'accorder de nouvelles baisses d'impôts». (jzs/ats)

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