La nouvelle Swatch tourne les Etats-Unis en dérision et ça fait un carton
«C'est de la folie», se réjouit Nick Hayek, CEO du groupe Swatch, ce mercredi matin. Au siège du groupe horloger à Bienne, on peine encore à réaliser l'ampleur du phénomène. Le 16 juillet à 15h32, s'est ouverte la procédure de commande numérique sans doute la plus insolite jamais lancée pour une montre. Pour espérer acheter l'une des 1969 Moonswatch en or – 11 grammes d'or pour 500 francs – il fallait remplir un formulaire baptisé «Esta», comportant 32 questions.
Un clin d'œil direct au formulaire Esta des Etats-Unis, que doit remplir quiconque souhaite se rendre dans le pays.
À l'image du formulaire de Donald Trump, celui de Hayek s'enquiert lui aussi, sans grande discrétion, des préférences personnelles des candidats et de leurs habitudes sur les réseaux sociaux.
Quant à la première question, teintée de politique – «Avez-vous déjà offert une pendule de bureau en or à un président?» – seuls les Suissesses et les Suisses ont probablement la référence. Pour mémoire: l'an dernier, des entrepreneurs helvétiques de haut rang avaient fait le trajet jusqu'à Washington pour offrir à Donald Trump notamment une Rolex de bureau en or, sensée l'amadouer.
10 000 demandes par heure
La procédure pour tenter d'obtenir la Moonswatch en or de Nick Hayek n'a été ouverte que durant une fenêtre de temps restreinte: Hayek a mis le formulaire en ligne pile au moment de l'anniversaire du lancement de la mission Apollo — ou le 16 juillet (le lancement a eu lieu en 1969). Le délai a expiré le 21 juillet à minuit, soit le jour anniversaire de l'alunissage.
En clin d'oeil à cet évènement historique également, seuls 1969 des 1,2 million de candidats décrocheront toutefois l'une des précieuses montres en or, donc. Et comment se déroulera la sélection?
Une chose est sûre: quiconque s'est trompé aux questions à choix multiples sera d'emblée éliminé. Mais à côté de questions factuelles, le formulaire comportait aussi de nombreuses questions ouvertes, plus subjectives, auxquelles il fallait souvent répondre avec ses propres mots.
Impossible, par exemple, de juger juste ou fausse la réponse à la question de savoir quelle artiste ou quel artiste devrait un jour faire un partenariat avec Swatch.
Interrogé à ce sujet, Nick Hayek s'amuse et renvoie, non sans ironie, à la pratique en vigueur au pays de Donald Trump:
De la même manière, Swatch ne justifiera pas non plus pourquoi telle ou telle personne n'obtient pas de montre.
