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Argent: vous risquez plus d'être pauvre au Tessin qu'en Roumanie

Vous avez plus de risques d'être pauvre au Tessin qu'en Roumanie

Le pourcentage de personnes à risque de pauvreté varie énormément d'une région à l'autre en Europe. Le Tessin affiche l'une des valeurs les plus élevées du continent.
04.11.2024, 11:1104.11.2024, 11:11

L'année dernière, deux personnes sur dix étaient à risque de pauvreté en Europe. C'est ce que montrent des chiffres diffusés la semaine dernière par Eurostat, portant sur 29 pays du continent, Suisse comprise.

Ce pourcentage varie énormément d'un pays à l'autre: la Roumanie, la Turquie et la Bulgarie affichent les valeurs les plus élevées: les personnes à risque de pauvreté représentaient plus de 30% de la population. A l'autre bout du classement, on retrouve la République tchèque (12%) et la Slovénie (13,7%), suivies par les Pays-Bas, la Norvège et la Finlande (15,8% chacune).

La Suisse se situe vers la moitié du classement: le taux de personnes à risque de pauvreté se montait l'an dernier à 19,5%, soit la valeur la plus élevée enregistrée depuis 2014. Notre pays obtient un meilleur résultat par rapport à nos voisins, à l'exception de l'Autriche.

Pourtant, une analyse plus détaillée montre une situation nettement plus contrastée. Cela est clairement visible dans la carte ci-dessous, où l'Europe est divisée en grandes régions:

Des valeurs très différentes peuvent ainsi cohabiter à l'intérieur d'un même pays. En général, note Eurostat, les personnes vivant dans les régions capitales sont moins exposées au risque de pauvreté que leurs homologues vivant dans le reste du pays.

C'est notamment le cas de la Roumanie: dans la région de Bucarest, le taux était de 12,3%, contre 32,9% dans la zone entourant la capitale. Même scénario en Pologne, où le pourcentage de personnes à risque de pauvreté passe de 8,9% à Varsovie à 27% en Podlasie, située un peu plus à l'est. D'autres fois, c'est l'inverse qui se produit. La Belgique et l'Autriche en sont deux exemples.

D'importantes disparités en Suisse

Une nette disparité est également visible en Suisse. Le Tessin affiche un pourcentage beaucoup plus important par rapport à toutes les autres grandes régions: 35,1% des habitants y étaient à risque de pauvreté en 2023. C'est l'un des taux les plus élevés d'Europe centrale.

Le canton italophone occupe la 17e place sur 251 régions. Il faut descendre jusqu'au 93e rang avant de retrouver une autre région helvétique, l'Espace Mittelland (formé par les cantons de Berne, Fribourg, Soleure, Neuchâtel et Jura). Dans cette zone, le pourcentage de personnes à risque de pauvreté était légèrement supérieur à la moyenne nationale.

Risque de pauvreté, de quoi parle-t-on?
Selon Eurostat, le risque de pauvreté ou d'exclusion sociale correspond à «la somme des personnes qui sont soit menacées de pauvreté, soit gravement privées sur le plan matériel et social, soit vivant dans un ménage à très faible intensité de travail».

(asi)

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«Aujourd’hui, la Suisse est unie dans le cœur»: Parmelin prend la plume
Guy Parmelin s’exprime au nom du Conseil fédéral pour adresser ses condoléances aux proches des victimes de Crans-Montana. Il remercie les secouristes ainsi que les Etats venus en aide.
Permettez-moi, en cette période de profonde tristesse et de grande souffrance, de vous adresser, en toute humilité, quelques mots.

Au nom du Conseil fédéral, le gouvernement suisse, je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances aux familles et aux proches des personnes décédées. A toutes celles et tous ceux qui ont eu la chance de survivre à la catastrophe, mais qui ne sont désormais qu’au début d’un long et difficile chemin de guérison, nous adressons notre profonde compassion.

Je souhaite m’adresser tout particulièrement aux jeunes. Beaucoup des victimes étaient elles-mêmes jeunes, pleines de projets, d’espoirs et de rêves. Leur vie ne doit pas être réduite à la catastrophe, ni aux circonstances dans lesquelles elle s’est achevée. Elle doit être honorée pour ce qu’elle a été: une promesse, une énergie, une part de notre avenir commun.

Nous devons aux personnes touchées, aux familles et aux proches le respect, la mémoire – et l’engagement de tout mettre en œuvre pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas. La justice examine actuellement dans quelle mesure des prescriptions de sécurité ont été enfreintes et en tirera les conséquences. C’est ce que nous devons aux victimes et à leurs proches.

Je tiens également à rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur aide, sous des formes diverses. A la police, aux nombreux services de secours et aux sapeurs-pompiers de milice qui ont risqué leur vie lors d’opérations de sauvetage dangereuses et éprouvantes. Et à l’ensemble du personnel médical, dans les hôpitaux en Suisse comme à l’étranger, qui s’occupe depuis des jours, sans relâche, des nombreux blessés graves.

Dans le grand malheur qui nous a frappés et qui — j’ose l’affirmer avec force — a fait de toute la Suisse une communauté unie dans le deuil, nous avons, pour un temps, la possibilité d’être ensemble afin de partager le poids de cette épreuve. Cette solidarité ne rendra pas la charge plus légère, mais si elle peut ne serait-ce qu’un peu contribuer à apaiser la douleur, alors elle trouve pleinement sa raison d’être.

Il est évident qu’aucun pays ne peut affronter seul de telles situations exceptionnelles. La Suisse a donc, conformément aux mécanismes internationaux prévus, sollicité un soutien, après que plusieurs Etats ont proposé leur aide. Des patientes et des patients souffrant de brûlures extrêmement graves ont ainsi pu être transférés des hôpitaux suisses vers des cliniques spécialisées dans le traitement des grands brûlés, dans différents pays européens. Ils y reçoivent les meilleurs soins possibles. Ces traitements dureront des mois, ce qui représente une charge supplémentaire pour les proches. Au nom de la Suisse, je remercie l’ensemble des pays concernés pour leur solidarité.

Aujourd’hui, la Suisse est triste. Mais aujourd’hui, la Suisse est aussi unie dans le cœur. Unie dans le deuil, unie dans le soutien, unie dans la détermination à comprendre et à protéger.

(Ce texte a été publié dans la Schweizer Illustrierte, puis partagé au groupe CH-Media. Il a été adapté de l'allemand par watson)
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