«Certains vont avoir du mal»: les bars de montagne sous pression
«Nous avons vécu deux week-ends plus compliqués que d'habitude. Il faut un moment, vous savez, pour que les gens reprennent confiance et osent à nouveau faire la fête». Oskar Aymon, gérant du club El Gringo à Villars (VD) a été marqué par le drame de Crans-Montana. Il a été directement touché par la tragédie qui a fait 40 morts et 116 blessés.
Il explique qu'actuellement, le plus important est de rassurer les habitués, aujourd'hui un peu plus réticents à faire la fête.
Le spectre de Crans-Montana est omniprésent
Depuis le drame du Nouvel An, l'établissement de nuit vaudois n'utilise par exemple plus de sparkler (ces bougies incandescentes), supprimées dès les premières heures de 2026 par la direction du club - et que les cantons interdisent progressivement.
Il rappelle aussi qu'il est important de différencier un club d'un bar: «Dans une boîte de nuit, la réglementation est plus stricte» en matière de normes incendies et de sécurité. Le staff est aussi formé aux premiers gestes.
Malgré le choc, le patron du El Gringo est persuadé que sa branche a encore un bel avenir: «Cette époque n'est pas révolue. Forcément, au début, le drame de Crans-Montana est omniprésent dans les mémoires».
Toutefois, Oskar Aymon est persuadé que «d'ici un mois, l'ambiance va revenir à la normale». Sauf à Crans-Montana où, d'après-lui, «il va être très compliqué» de retrouver la ferveur d'avant.
On sent effectivement l'ambiance très tendue en Valais. Nous avons contacté plusieurs gérants d’établissement et certains nous ont envoyés sur les roses:
Certains tenanciers ont répondu à nos questions avant de se rétracter. D'autres acceptent de répondre anonymement. L'un d'eux affirme que «le taux de fréquentation n'a pas baissé» dans son bar. En revanche, il déclare que plusieurs établissements ont du souci à se faire à l'avenir. Une parole appuyée par un autre professionnel de l'hôtellerie rencontré à Crans-Montana, qui souhaite également garder l'anonymat.
«Les bars moins sécurisants que le nôtre vont peut-être connaître une baisse de clientèle», abonde un troisième gérant.
Pas d'après Crans-Montana
Pour autant, tous sont convaincus que le secteur va rapidement se remettre sur les rails. C'est également le sentiment du conseiller national Philippe Nantermod, qui connaît bien les établissements de nuit en montagne pour avoir siégé au conseil d'administration du Saf Club, une discothèque de Morgins (VS).
Il poursuit: «Les normes incendie appliquées ont été très strictes pour le Saf, et ces exigences n'empêchent nullement d'avoir une bonne ambiance».
L'élu PLR donne un exemple concret:
Pour le politicien, «le drame du Constellation ne va pas pousser les gens à retourner en discothèque tout de suite. En revanche, complète le PLR valaisan, «nous serons beaucoup plus vigilants pendant une très longue période, avec un respect le plus strict possible des règles».
