Le «gentil» pompier de Crans-Montana était un imposteur
Tout commence avec un projet de concert de soutien, finalement annulé. «Quentin* nous faisait croire depuis plusieurs mois qu’il était pompier volontaire et qu’il était intervenu le soir du drame, ce qui était absolument faux», explique un jeune rappeur impliqué dans l’événement, rapporte le quotidien 24 Heures.
Le jeune homme, domicilié à Fribourg, s’était progressivement imposé dans l’entourage des familles. Présent lors de déplacements ou dans les médias, il se présentait comme un proche engagé. «Son récit semblait crédible, j’en étais sous le choc», confie au journal vaudois le directeur d’une école de théâtre sur la Riviera vaudoise, où il était actif bénévolement.
Son histoire variait selon les témoignages. A certains, il affirmait avoir été pompier sur place. A d’autres, il disait avoir été client du bar et avoir «échappé aux flammes in extremis» après avoir perdu deux amis. Il allait jusqu’à exhiber un tatouage mentionnant la date du drame, expliquant que cet événement «fait désormais partie de sa vie».
«Il mérite qu’on lui pardonne»
Mais début mars, la supercherie éclate. Confronté, Quentin reconnaît tout: «J’étais à une fête à Anzère le soir du drame et pas à Crans-Montana.» Il évoque au média vaudois un contexte personnel difficile:
Aujourd’hui, il dit «s’en vouloir» et ne pas comprendre «comment son récit a pu prendre une telle ampleur». Sur les réseaux sociaux, il annonce vouloir «prendre soin de lui» et «tourner la page».
Malgré le mensonge, certains proches de victimes tiennent à nuancer. Pour le directeur de théâtre et comédien en vue, le jeune homme «est et reste un bon gars». «Quentin s’est montré fidèle, aidant et affectueux, et il ne me viendrait pas à l’idée de vouloir l’accabler», témoigne de son côté le père d’une victime.
Même ton pour la mère: «Par sa gentillesse et ses multiples actions, il mérite qu’on lui pardonne pour son mensonge initial.» Mais d’autres réactions ont été plus dures, et l’annulation du concert illustre le malaise provoqué.
*Nom d'emprunt (hun)
